L’absence de valeur ajoutée n’apporte rien

L’arrivée de eBookenBib était une initiative à découvrir mais en faisant le tour du propriétaire et en fouinant dans ses entrailles, on s’aperçoit vite d’un certain décalage.

Partager des ebooks gratuits et soit dit en passant sans DRM est louable même si cela n’apporte aucune valeur ajoutée à l’initiative pour laquelle on ne peut parler d’innovation.

Nombreux sont ceux qui l’ont déjà fait et le font encore fréquemment notamment avec les livres tombés dans le domaine public.

L’idée de Thomas Fourmeux d’eBookenBib de classer tous les ebooks par genre et en faire des packs était sympa et j’aurais été la première à soutenir une idée de ce genre bien que non révolutionnaire étant une fidèle de Feedbooks dont les livres viennent.

Mais un souci demeure et ne semble pas impressionner plus que ça le site en question.

Certains packs ne sont pas en conformité avec la loi française concernant les droits d’auteurs car y inclure des livres dont le délai du domaine public est de 50 ans alors qu’il est de 70 ans en France après la mort de l’auteur / traducteur est franchir la barrière de l’illégalité.L’initiative venant de notre territoire national donc “nul n’est censé ignorer la loi”.

Je ne peux donc pas soutenir une initiative non conforme. J’ai souhaité faire la démarche d’un sympathique commentaire sur le site afin de signaler cette absence de conformité. Commentaire qui s’est vu refusé, cela montre le côté intestinal de l’initiative vouée à l’échec.

Le comportement de Thomas pensant avoir eu “l’idée du siècle” allant dans le même sens ne va pas arranger ses affaires même si ce cher monsieur semble faire tout ce qu’il faut pour s’entourer de “beau monde” et de nombreux lecteurs dont une communauté de laquelle je m’étais empressé de m’éloigner pour les raisons que vous connaissez.

Commencer une aventure en avançant tête baissée est digne de ceux qui ne connaissent pas ce qu’est la réflexion. Un projet se prépare, se murit,s’organise sans rien négliger.

Serions-nous à nouveau dans une période de gastro ? C’est possible …

Ne pas respecter la loi française est condamnable

eBookenBib, après le début la fin ? C’est probable…..

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8 commentaires sur « L’absence de valeur ajoutée n’apporte rien »

  1. Il y a aussi le problème de la durée des droits qui s’allonge presque à l’infini. Il faut se souvenir que lors de leur introduction, la durée des droits post-mortem était de 5 ans.

    http://www.senat.fr/rap/l05-308/l05-3084.html

    « La loi des 19-24 juillet 1793 a en revanche une portée générale. Elle pose, dès son article 1er, le principe que « les auteurs d’écrits en tout genre, les compositeurs de musique, les peintres et les dessinateurs qui feront graver des tableaux ou dessins, jouiront durant leur vie entière du droit exclusif de vendre, faire vendre, distribuer leurs ouvrages dans le territoire de la République et d’en céder la propriété en tout ou en partie. » Elle consacre donc un droit de reproduction aux auteurs pour la durée de leur vie, puis à leurs héritiers pendant cinq ans. »

    En 220 ans, on est passé de 5 ans post-mortem à 70 ans…

    Sinon, je suis d’accord avec ton constat : encore un service mort-né.

  2. Je vais passer pour une inculte, mais c’est la première fois que j’entends parler de eBookenBib et c’est tant mieux, me direz-vous.
    Quand on voit le nombre de sites qui distribue à tout va et gratuitement des ebooks, alors que leurs auteurs sont encore bien en vie, on peut se demander jusqu’où pourrait allez eBookenBib.

    1. Exact Christelle ! Mais en l’occurrence ce n’est pas le cas de eBookenBib qui part d’une initiative des plus louables, le partage de livres libres de droit et sans DRM pris sur Feedbooks. Seul souci, au milieu de tous ces livres demeurent quelques uns dont les auteurs sont décédés mais dont le délai pour le domaine public de 70 ans après le décès de l’auteur n’est pas respecté comme par exemple ceux de H.G. Wells. Et bien sûr, il serait indispensable de vérifier également les délais concernant les traducteurs car ça peut en rajouter

      1. Le problème est l’allongement constant des droits d’auteurs post-mortem qui rende l’accès au domaine public illusoire.

        Déjà entendu parlé du Mickey Mouse Protection Act ? C’est une loi passée en 1998 poussé par un certain Sonny Bono (de Sonny et Cher) car Mickey allait s’élever dans le domaine public.

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Copyright_Term_Extension_Act

        « Cette loi a pour effet de geler les dates d’entrée dans le domaine public des œuvres aux États-Unis. Ainsi, aucune des œuvres créées après le 1er janvier 1923, et qui auraient dû entrer dans le domaine public en 1998, ne le seront avant 2019. Ce n’est aucunement rétroactif pour les œuvres déjà dans le domaine public, mais ce l’est dans le sens que toutes les œuvres produites depuis 1923 (basé sur la date de parution) sont « protégées » (protection des droits d’auteur) de 20 ans supplémentaires. »

        Autant dire qu’à force de prolonger les droits post-mortem (qui est une hérésie surtout quand les ayants droits étaient encore à l’état de gamètes dans les testicules ou les ovaires des artistes), on finit par tuer le domaine public.

        Pour que quelques firmes continuent de se faire de testicules en or sans chercher à créer de nouveaux produits. Une économie de la rente, donc.

        1. Merci pour tes explications, Agnès. Je comprend beaucoup mieux.
          Comme tu dis, Fred. Et, apparemment, cette loi semble récente. 2003 si j’ai bien lu. On peut s’attendre à des changements dans les prochaines années.

          1. Pour le pire en ce qui concerne l’élévation dans le domaine public, c’est à craindre. Je ne suis pas des plus optimistes dans ce domaine, surtout quand les « majors » de l’édition (musicale, cinématographique ou encore écrite) sentent que leurs testicules en or 24 carats sont menacés… Je voulais dire la « dictature » d’une partie des ayants droits.

              1. Je suis d’accord sur la conclusion, même si je pense que les lois actuelles sont inefficaces et contre-productives. Ce sont des lois uniquement pensées – ou presque – pour conserver une économie de rente plus qu’autre chose.

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