Fanny N. d’Alice Quinn

Résumé

Fanny N. adore les bébés. En avoir un à elle, c’est le rêve de sa vie. Quand elle les regarde, au parc, dans leurs poussettes, avec leurs mamans, l’envie monte, monte… et peut-être aussi la jalousie. Car Fanny N. a 33 ans, mesure 1,59 m, pèse 100 kilos, et vit encore chez sa mère, qui l’infantilise totalement. Il faut dire que Fanny N. n’est pas tout à fait comme la majorité des jeunes femmes de son âge, avec son corps dévasté par des monstres et sa simplicité d’esprit proche de celle des petits dont elle s’occupe à la crèche. Alors les prétendants au titre de père ne se bousculent pas au portillon.
Que faire, dans ces conditions ? Que faire de cette tendresse qui la dévore au fil du temps ? Que faire de ces désirs frustrés, de cette douleur insupportable ? Que faire, lorsque l’envie devient obsession ? Barricadée derrière ses éclairs de lucidité, d’humour et d’autodérision, Fanny N. pourra-t-elle tenir encore longtemps ou finira-t-elle par exploser comme une bombe à retardement ?

Mon avis

Retrouver l’auteur Alice Quinn est toujours un bonheur mais il faut avouer que là je me suis lancé avec une certaine prudence vu le changement de cap. Je dois avant tout vous dire que le livre m’a été proposé par son auteur et que très exceptionnellement j’ai accepté. Merci Alice !

J’étais très curieuse de découvrir ce changement de direction d’Alice car avec l’art et la manière qu’elle a de manier la comédie et le policier, qu’allais-je découvrir ?

On assiste au parcours de Fanny N. qui vit tel qu’elle l’entends dans sa folie ce qui donne lieu à des scènes cocasses,choquantes,noires, voir très noires.

J’ai noté différentes choses donc faisons le tour.

On a droit par moment à un langage assez cru il faut bien l’avouer ce qui est une première surprise de la part de l’auteur mais qui gère ça de manière millimétrée. Son art des mots est toujours bien présent même dans un autre genre. Une grande qualité !

Au milieu de ce langage et son personnage principal qu’est Fanny, on y trouve de l’émotion et parfois un peu de rire. Perso, la scène du chien Momo m’a touchée.

On assiste à une chose que je qualifierai d’originale avec l’alternance d’un texte à la première personne et à la troisième personne quand il s’agit du phrasé de l’auteur qui exploite à merveille la schizophrénie de Fanny qui parle d’elle-même aux deux personnes. Ça peut en déstabiliser certains mais finalement on s’y fait très vite. Donc une petite prise de risque bien réfléchie de l’auteur.

Un ensemble très noir qui nous offre l’occasion de découvrir le côté obscur d’Alice Quinn qui propose un livre court certes mais peut être satisfaite de la mission accomplie et réussie !

En clair, j’ai passé un bon moment de lecture mais trop court.

Je vous conseille ce détour littéraire, c’est toujours bon quand les auteurs savent nous surprendre !

Un seul petit reproche concernant l’éditeur, un prix  trop élevé pour le nombre de pages.

Bonne lecture !

Publicités

5 commentaires sur « Fanny N. d’Alice Quinn »

  1. Je viens de le finir et j’ai vraiment adoré cette nouvelle performance d’Alice Quinn ! Une plume parfaitement ciselée qui convient à merveille à ce thriller ! L’auteur doit savoir s’adapter au Genre dans lequel il écrit, et c’est bien le cas.
    Je devais me gendarmer pour ne pas continuer de lire lorsque je n’avais plus le temps.
    En ce qui concerne la narration alternée, j’avais compris que le « je » et le « elle » étaient dits tous les deux par Fanny qui se trouve être schizophrène. Une belle descente dans les profondeurs des maladies mentales qu’Alice Quinn semble bien connaître ou en tout cas avoir étudiées avec professionnalisme pour un rendu sombre mais hélas réaliste.

    1. Bonjour, Oui, en effet je suis heureuse que vous ayez noté, toutes les deux cette astuce d’écriture. J’ai voulu alterner la façon dont Fanny N. parle d’elle-même. Parfois elle dit JE et parfois elle dit ELLE. Elle est la seule narratrice de bout en bout du récit. Même quand… euh… je sens que je vais en dire trop, je m’arrête là. Cette forme s’est imposée à moi quand j’ai voulu faire comprendre à quel point parfois Fanny N. pouvait être «hors» d’elle-même, comme une spectatrice de ses propres actes. Quand elle se «dédouble». Mais j’étais complètement habitée par elle, envahie, en fait elle m’a simplement forcée à écrire comme ça

  2. Merci Agnès, pour cette chronique sur le vif du roman…
    C’est un texte un peu spécial, et il a besoin d’être soutenu par de vrais lecteurs…
    J’ai de la chance, c’est le cas…

Les commentaires sont fermés.