Tribune Libre de Patrick Porizi

Aujourd’hui, Agnès me laisse carte blanche, ou plutôt page blanche. Surpris et honoré, j’effleure mon clavier des doigts, tel le pianiste avant la toccata. Mais les mots n’ont pas la docilité des notes, ils ne viennent pas quand on les siffle. Je jette un œil apeuré à la liste des auteurs référencés sur le blog : Alice, Cédric Charles, Enzo, Isabelle… C’est du lourd. D’un coup, je me sens tout petit, tassé sur ma chaise, écrasé par l’enjeu. Et cette grosse goutte de sueur qui descend le long de ma tempe… Il ne faut pas qu’elle atteigne ma joue. Je dois réagir. Bon, pour la joue c’est foutu, mais elle s’arrêtera avant le maxillaire, juré. J’inspire à fond, plusieurs fois. J’expirerai plus tard, dans quelques années et d’un seul coup, si possible. Les yeux fermés, j’implore les mânes de Victor, Marcel et Emile. Venez, chères grandes âmes, on vous appelle, on vous attend. Mais n’est pas Verlaine qui veut. Ma prière n’est pas montée assez haut. Et pendant ce temps, la goutte descend. C’est alors qu’une vision me fait tressaillir : celle d’un carré de chocolat noir. Il se détache si fort sur la page blanche que je bondis dans la cuisine pour désosser une tablette. Délicieux, fondant, le Léthé dans la gorge ! L’oubli m’emporte et me dépose – allez savoir pourquoi – devant le clavier. Qu’est-ce que je fais là ? Soudain, mes mains tressaillent. J’ai les mots au bout des doigts. Allez, feu !

Patrick, tu es ingénieur en environnement et sécurité au travail, auteur de huit romans, catégories polars et suspense. Quand et pourquoi as-tu emprunté les chemins de l’écriture ?

Depuis mes vingt ans, écrire un livre était resté un objectif, l’un des actes nécessaires pour combler une vie que je souhaitais bien remplie. J’avais même établi une liste d’exploits à réaliser à l’âge adulte comme courir un marathon ou gravir le mont Blanc. Fort heureusement n’y figurait pas le souhait de devenir président de la République. Mais « Un jour j’écrirai un livre… » était un mantra qui devenait de plus en plus lourd et obsédant au fil des années. Jusqu’à cette journée de décembre 2013 où, par la grâce d’une rencontre avec une auteure américaine, j’ai appris qu’il était possible de diffuser son travail d’écriture sur des sites d’autoédition. Le regard d’un lecteur me semblant plus supportable que celui d’un éditeur, je me suis lancé. C’est ainsi que sont nés Une main coupée pour le 36, suivi d’Un miroir pour Scotland Yard. Ces deux livres sont des polars où le personnage principal est un jeune flic en quête d’une vérité à laquelle son destin est lié. Puis j’ai écrit Six petits maigres et d’Une seule balle, des enquêtes menées par des personnages différents. Mon objectif étant atteint, je me suis souvent demandé pourquoi je continuais à écrire. Je crois que la réponse tient en deux mots et demi : ça m’amuse. Créer un monde et des personnages que l’on a choisis est une façon de vivre plusieurs vies, un stratagème qui permet d’échapper au quotidien par le vagabondage de la pensée. Le temps professionnel précède trop souvent le temps spirituel. Même si le premier a occupé plus de place que le deuxième dans ma vie, l’acte créatif est devenu essentiel. Les grands auteurs écrivent pour ne pas mourir, je me contente d’écrire pour mieux vivre.

Pourquoi le polar et le suspense ?

Ça, c’est une question difficile… pour quelqu’un qui lit peu de polars. J’ai choisi ce registre spontanément sans doute parce qu’il permet d’activer plus facilement mes ressorts créatifs : maintenir le lecteur en lévitation avant la chute, explorer l’âme humaine, découvrir et imaginer des milieux physiques particuliers, donner corps à des personnages attachants ou antipathiques, relier les fils de l’intrigue… Observer la lutte du « bien » et du « mal » est un spectacle fascinant, non ? Surtout quand le diable arbitre la rencontre. Le polar permet de développer un univers riche où même l’humour – vous savez, cet ingrédient qui donne du goût à tous les plats (sauf la tarte à la crème) – trouve sa place.

A quel personnage de tes romans t’es-tu particulièrement attaché ?

Pas facile non plus, celle-là… C’est probablement le commandant Angello dans Hirudo. Je ne pouvais l’imaginer autrement qu’en flic bourru, sur le retour, vivant seul avec un canari qu’il traite d’ailleurs avec délicatesse. C’est un personnage tombé du ciel qui s’est rapidement imposé dès le début de l’écriture. Il traîne un mal qu’il croit incurable jusqu’à ce que la providence lui livre un cadavre très particulier. Le flic perçoit vite que cette affaire peut bouleverser son existence. Alors il y va, il cherche, il enquête et il… je ne vais quand même pas tout dévoiler. Enfin, sachez que c’est un flic qui a du cœur et qui est bien content de l’entendre battre à nouveau. Je ne ressemble pas au commandant Angello mais je suis content qu’il soit devenu mon ami. Je l’aime bien, le Grenoblois, peut-être parce qu’il a du tempérament ou peut-être parce que c’est un quinqua, comme moi. Et la cinquantaine, c’est l’âge des bilans… pas seulement sanguins.

Comment naissent tes scénarios ?

Par les voies naturelles, je veux dire celles qui me sont propres. Pour Hirudo, la trame s’est développée autour de deux éléments structurants : le mode opératoire utilisé par l’assassin et le désir de tirer le fil d’une chasse à l’homme en période hivernale. Le scenario prend toujours corps dans un milieu que j’ai envie d’explorer. Pour Six petits maigres et Veni vidi Vicki, j’ai choisi de revisiter les îles de la Méditerranée découvertes pendant mes vacances en famille. Polar club s’inspire lui d’un drame réel qui s’est déroulé il y a plusieurs décennies près de Narvik, en Norvège, région que j’ai parcourue en kayak de mer. La genèse d’Abwee, elle, est différente. L’histoire se déroule sur la côte ouest de l’Australie, une zone désertique bordée par un lagon. Je l’ai écrite pendant le Grand Confinement, en trois mois. J’ai travaillé tous les jours tant le besoin de m’évader était fort. Je n’ai pas choisi cette région ni le scénario par hasard. J’éprouvais le besoin de retrouver les émotions vécues pendant mon adolescence que j’ai passée au bord de l’océan Atlantique sur les côtes de Mauritanie, en Afrique. Écrire un livre permet d’assouvir les fantasmes d’un explorateur assis, créant seul ses propres émotions en arpentant son univers intérieur.

Et le lecteur dans tout ça ?

Le lecteur est celui qui donne un sens à ma vie d’auteur. Imaginer qu’une personne inconnue prenne du plaisir à lire un de mes livres me procure de la joie. J’écris des romans et des nouvelles pour ceux qui les aimeront. Je sais que je n’ai pas écrit un livre en vain s’il plaît à un seul lecteur. Les déçus me font douter, bien sûr, mais je pense à tous ceux et celles à qui la lecture peut faire du bien et la plume devient plus légère.

Comment as-tu fait en tant qu’homme pour te glisser dans la peau d’un personnage féminin ?

Ah, voilà une question facile ! Il se trouve que j’aime les femmes pour diverses raisons et notamment parce qu’elles ont le pouvoir de m’émouvoir assez facilement. Imaginer ce qu’elles pourraient ressentir est un défi enrichissant que j’ai tenté plusieurs fois de relever. Comme tout le monde, j’ai une mère mais j’ai aussi la chance d’avoir une compagne, une sœur, deux filles et deux nièces. Scientifiquement parlant, ce n’est pas un échantillon représentatif mais je m’en inspire malgré tout pour donner vie aux femmes – de caractère – qui apparaissent dans mes romans. Dans Hirudo, Ana endure des épreuves qui vont forger sa détermination et faire d’elle, comme du commandant Angello, des héros malgré eux. Ce qu’elle ressent est universel aussi ses sentiments jaillissent-ils d’eux-mêmes sous la plume. Je me suis beaucoup attaché à l’héroïne de Six petits maigres, Eva, une femme mûre, intelligente et sincère qui est confrontée aux doutes et à la peur. Dans le dernier roman, Veni vidi Vicki, j’ai choisi de donner les clés du scénario à Vicki, une femme aussi belle qu’ambiguë. Quant à Chloé, l’enquêtrice principale de Polar club, elle tire sa force de la jeunesse et du besoin de chasser l’ennui. Mais attention, qui aime bien châtie bien ! Il m’arrive aussi d’égratigner certains personnages féminins, le plus souvent avec humour, ce qui facilite la cicatrisation.

Quel est le dénominateur commun de tous tes romans ?

Dans mes livres, je ne traite pas de sujets politiques ou des grands enjeux d’actualité. C’est l’exploration de la nature humaine qui m’intéresse et, en particulier, ses relations avec la mort, la liberté, et le rapport à cet ego qui nous sert trop souvent de boussole. « Tordez les personnages, il en sortira toujours du jus de roman » est une maxime qui me guide pour pousser les protagonistes au bout d’eux-mêmes. Souvent, j’ancre l’intrigue dans un milieu familial fracturé dont les failles structurent l’humanité des personnages. Et oui, j’avoue les tordre sans vergogne, sans doute pour les faire grandir malgré eux.

As-tu un projet dans les mois à venir ?

Les prochains mois seront consacrés à la finalisation de mon prochain roman, un thriller aux confins de l’Asie, qui devrait être proposé aux lecteurs au début de l’année 2022. Je vais donc passer l’hiver en famille, mais une famille élargie aux nouveaux personnages que j’accueille toujours avec plaisir au coin du feu, en espérant qu’ils me racontent leur histoire.

Au fait, cette goutte de sueur ?

Évaporée…

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Tribune Libre de Paul Blanchot

Agnès m’a contacté récemment pour me souhaiter un « joyeux anniversaire »… Et oui, je viens d’avoir 44 ans, difficile de continuer à mettre : « jeune écrivain » sur mon descriptif maintenant ! Les années passent, il faut bien faire avec. Et voilà qu’elle me dit ensuite : « J’ai une idée de projet blog pour toi, est-ce que ça peut t’intéresser ? »
Vu que mon prochain roman doit paraître bientôt, et que la situation de ces deux dernières années a été synonyme de fort ralentissement de toute activité, et surtout des salons, c’était particulièrement bienvenu ! J’accepte tout de suite en la remerciant vivement, et hérite donc de cette chronique libre pour présenter ce que j’écris, ou tout autre sujet qui me plaira (ce qui me laisse le champ libre, on ne pourrait rêver mieux), et donc me voici :

– Bonjour à tous, et merci de prendre quelques instants pour lire cette tribune !

Écrivain ou écrivain amateur

Nous sommes nombreux à nous être posés la question. Au bout de combien de temps devient-on boulanger ou reste-t-on apprenti boulanger, journaliste ou étudiant journaliste, artisan ou bricolo ?
J’ai eu la chance de commencer à écrire très tôt, dès l’école primaire où mes rédactions dépassaient le paragraphe réglementaire pour faire déjà quelques pages, jusqu’à m’atteler à apprendre à construire et raconter des aventures au travers de nouvelles, puis de romans, avant de me lancer dans l’autoédition. Est venu ensuite le temps de trouver un premier éditeur, puis un second, et puis plein d’autres, suivant les projets qui se présentaient, des collaborations comme avec l’écrivain belge Sébastien d’Errico ou des œuvres pour un de mes amis qui a créé sa structure sur Nice, Ogmios Éditions.
Au travers des salons, j’ai pu rencontrer des lecteurs curieux et toujours intéressés, on y parle et on donne corps à notre passion. On passera sur les droits jamais perçus (parfois), pour apprécier les quelques centaines d’euros de certaines parutions, qui m’ont fait me dire que les gens croyaient un peu en moi ! On notera les chroniques et les commentaires, les 5 étoiles ou un peu moins, et autres retours de lectures, les personnes qui vous contactent car elles ont apprécié le moment passé dans vos aventures.
Ça a tout de l’écrivain, sauf que l’on n’en vit pas encore. Dans notre cœur si, on en vit ; pour le reste, il faut continuer à écrire. Lire, et écrire, ce sont nos seules obligations.
Un peu comme respirer.

Jouer ou écrire, il faut choisir

Ou pas. J’ai la chance que soit inscrit sur mon diplôme universitaire : Master de Jeux Vidéo, excusez du peu. Et si plusieurs de mes romans sont « conventionnels », j’ai eu aussi l’occasion de mêler mes deux passions, comme d’écrire pour concevoir des jeux. Aujourd’hui avec la qualité des réalisations HD, le scénario, les personnages et les dialogues apportent une vraie différence aux œuvres vidéoludiques. Mais j’ai également ambitionné de romancer mes jeux, pour en faire des expériences plus riches que celles d’un roman, d’abord en déportant les univers traditionnels vers des récits mixtes, mais aussi en y ajoutant des éléments explicatifs des jeux, comme les systèmes de combat ou de magie, ou l’architecture cachée derrière le récit. Ces récits ont été baptisés « InGame ».
Dans un premier temps, ce choix fut fait pour donner vie à de simples projets, qui n’auraient pas forcément été développés par un studio. Et ensuite, l’objet livresque s’est affranchi de son postulat de départ pour arriver à un objet que l’on peut consulter à plusieurs reprises et dont on peut apprécier ou relire certaines parties, indifféremment d’autres.
On est loin de révolutionner le livre, mais le récit et l’objet en ressortent quand même grandis !

Mon dernier roman

Inspiré de Stephen King, un de mes auteurs préférés, « Cendrine » est un drame familial contemporain, avec quelques éléments fantastiques, proches de l’épouvante. Ce roman a eu un drôle de périple, car d’abord publié en auto-édition, une de mes lectrices Geneviève Montenon m’a dit l’avoir beaucoup aimé et m’a demandé si elle pouvait le proposer au comité de lecture de M+ Éditions. Le texte a plu à nouveau, et a ainsi été publié par le circuit traditionnel.
Dans « Cendrine », on suit le destin de trois personnages féminins, Mylène la mère et Cendrine et Delphine ses deux filles. L’une de ces trois héroïnes a été promises au mal à la suite d’un pacte abject. Et tout au long du roman on voit se dérouler un jeu du chat et de la souris au sein de cette famille meurtrie, afin d’éviter de pires drames encore.
J’ai surtout apprécié reprendre la thématique de ces gens du quotidien, que l’on côtoie tous, et qui peuvent dissimuler de vrais monstres, bien réels. Les limites de la morale sont mises à rude épreuve dans ce roman, et c’était intéressant de se questionner sur ce qu’on est capable de faire, ou de ne pas faire, lorsque notre vie tremble sur ses fondations !

Génération pop culture

Nous avons la chance d’avoir grandi avec des médias qui ont bien évolué, les films de plus en plus SFFF (SF, fantastique, épouvante ou horreur et Fantasy), l’invasion des mangas, les comics américains, les séries TV qui empruntent à tous les genres de la fiction, et la littérature qui s’est énormément diversifiée.
Les œuvres des années 80 à aujourd’hui m’ont passionné, et je ne suis pas le seul. Ayant grandi à la montagne, un peu solitaire, je m’évadais dans ces récits, m’inventant des mondes magiques et fantastiques où d’innombrables aventures prenaient corps et vie.
Jeune adulte, je suis devenu beaucoup plus sociable, mais toujours impliqué dans ces univers. Je gère par exemple avec une bande de copains une association d’une trentaine de personnes dans le wargame, autour d’univers futuristes et fantasy. On peint des miniatures et on participe à des tournois nationaux ! C’est particulièrement enrichissant car on n’est pas bloqué derrière un écran, mais on rencontre les gens, on partage avec eux, comme dans des conventions.
Chaque récit que j’écris ensuite ne peut que baigner dans ces myriades d’inspirations.

Et le reste alors ?

Je suis employé depuis janvier dans un centre culturel des magasins Leclerc, plongé dans les livres du matin au soir. Le métier idéal pour qui aime lire. Beaucoup de découvertes depuis, car on voit les clients nous demander des ouvrages très différents, l’occasion de découvrir des romans et des écrivains vers qui je n’aurais pas été spontanément. Quand on est un peu curieux, le métier se révèle passionnant ! Et la Pile à Lire déborde, mais c’est le lot de beaucoup de lecteurs, non ?

Merci

Voilà, j’espère que ce petit instantanée de mes deux métiers et de mes passions vous aura plû. Un grand merci à tous ceux qui me lisent et me soutiennent, et à ceux qui jettent ne serait-ce qu’un œil en se montrant un peu ouvert d’esprit sur ce qu’on fait.
Un grand merci à toi Agnès pour ce temps de parole donné, et bonne lecture tout le monde ^_^

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Tribune libre de Marie Havard

Bonjour, lecteurs et amoureux des livres !

Tout d’abord merci à Agnès pour cette Tribune libre.
C’est la première fois que je vis cette expérience, un peu étrange et presque schizophrène, de donner à la fois les questions et les réponses… Mais j’aime la dualité, j’aime être Dr Jekyll et Mr Hyde… Alors c’est parti !

Marie, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis quelqu’un de simple, qui aime la nature, la tranquillité et l’humilité, et les voyages. J’ai un mari et une petite fille de 2 ans et demi,  et j’habite dans un petit village ensoleillé près de Montpellier. Je travaille dans le web et le tourisme, et sur mon temps libre, j’adore écrire.

Qu’est-ce que tu écris ?
J’écris des nouvelles quand de petites idées surgissent, et des romans quand de grandes envies ou de grands besoin d’écriture m’empoignent.
Pour ce qui est du genre, c’est toujours difficile de me classer dans un genre en particulier ; c’est pourquoi je réponds souvent roman psychologique. Mes romans mêlent contemporain, fantastique, voyage initiatique, histoire, thriller aussi parfois…

Où est-ce que tu trouves l’inspiration ?
Dans ce que je vois ou dans ce que je vis. Dans des émotions que j’ai ressenties ou des lieux qui m’ont inspiré. Il y a toujours une petite part de moi dans chacun de mes textes. Ce qui m’inspire le plus évidemment, ce sont les voyages et la diversité de paysages qu’offre le monde.
La notion de voyage est toujours présente.

Pourquoi est-ce que la notion de voyage te semble aussi importante ?
Le voyage permet de se dépasser, de s’enrichir, d’aller vers l’autre.
Découvrir un nouveau pays ou une nouvelle culture est une expérience qui nous transforme et nous fait revivre. Découvrir l’autre permet de se découvrir soi. Sortir du quotidien par le voyage permet de mieux appréhender son existence, de l’apprécier, de ne pas gâcher une seconde du temps qui nous est imparti.
Je trouve qu’il permet de se sentir vivant, tout simplement.
Le voyage n’est pas forcément mobile, il peut aussi être intérieur : la vie elle même est un voyage que chacun vit à sa façon. On peut voyager en lisant, j’aime beaucoup la notion de voyage immobile.
La lecture est donc aussi un voyage, quand le lecteur accepte d’embarquer avec l’auteur et de se laisser guider vers le territoire inconnu que sont les premières pages d’un livre.

Ouh la, c’est un peu philosophique ton histoire non ? De quels voyages parlent donc tes livres ? Quels pays retrouve-t-on ?
J’ai un petit faible pour l’Écosse, car j’ai vécu un peu là-bas, alors du coup, on la retrouve dans deux de mes romans. On a l’impression que dans ce pays mystérieux, tout peut arriver, c’est un cadre magnifique pour une histoire.
Dans mes nouvelles, on retrouve l’Inde, le Japon, les États-Unis, le Canada, la Nouvelle-Zélande…
Mes personnages sont tous à un moment charnière de leur vie, où tout peut basculer… C’est ça le plus grand des voyages, celui de la vie et des orientations que l’on prend.

Une chose dont tu n’as pas parlé, c’est l’auto-édition. Comment es-tu tombée dans la marmite ?
Et bien, au tout début de mon expérience dans les années 2005, je suis d’abord passée par des plateformes de lecture gratuite, qui permettaient d’avoir des avis de lecteurs et d’échanger sur des textes.
Puis, une fois que j’ai un peu plus eu confiance en moi, j’ai publié sur une petite plateforme d’auto édition, française, pour diffuser mon livre en entier : The Book Edition. Je tâtonnais à l’époque, car c’était un monde nouveau pour moi.
Au fil du temps, j’ai décidé de publier sur Amazon et c’est là que j’ai commencé à avoir plus de ventes; j’ai rencontré beaucoup d’autres auteurs auto-edités sur Twitter et j’ai même été invitée à faire partie du Club des Indés, un petit groupe de soutien et d’entraide entre auteurs indépendants. Car on a beau dire, faire tout tout seul, c’est grisant mais aussi parfois déroutant !

Que conseillerais-tu à un auteur en herbe qui a peur de se lancer ?
De d’abord faire lire des morceaux de son texte à des proches impartiaux si possible, ou à des inconnus sur Internet, pour vérifier qu’il est de qualité. Et écrire, écrire beaucoup ! Au début le style n’est pas encore bien rodé, et on s’améliore au fil de temps. On dit que l’appétit vient en mangeant, et bien, pour l’écriture c’est pareil : C’est en écrivant qu’on devient écrivain.
Puis de passer outre la timidité et de publier pour voir ! Il n’y a rien à perdre. Même si pour trouver des lecteurs et faire sa promotion, c’est un combat chaque jour : c’est une deuxième étape une fois qu’on est publié… Et là, c’est vrai que ça prend du temps et de l’investissement,  il faut avoir l’envie. Il ne faut rien lâcher et continuer à parler de ses livres sur ses réseaux, continuer à écrire, aller sur des salons… C’est comme ça qu’on finit par agrandir son cercle de lecteurs.

Quel est le livre que tu as le plus aimé écrire ?
J’ai aimé tous les écrire. Bien sûr, Les Larmes du Lac a été plus difficile mais le plus prenant, car le sujet sous-jacent du deuil périnatal me touchait personnellement. Le livre a aussi demandé beaucoup de recherches historiques : j’ai aussi fait des recherches sur l’histoire de la ville, j’ai regardé des photos anciennes, j’ai travaillé même l’arbre généalogique de Rebecca et Alexandre, les cousins descendants de la lignée maudite. J’ai toujours aimé l’histoire, fouiller le passé (et j’ai d’ailleurs fait mon propre arbre généalogique, qui remonte jusqu’aux années 1600 ! Et vous savez quoi, j’ai des ancêtres en Ecosse !).
St Andrews m’a beaucoup marquée, j’ai passé un an en échange Erasmus là-bas en Ecosse et je voulais vraiment faire vivre cette ville dans un livre. Et que dire de l’Ecosse, de l’accent écossais, des paysages à couper le souffle, de la brume qui recouvre tout… Le lieu parfait pour une histoire entre réalité et fiction.
J’ai mis 5 ans à écrire Les Larmes du Lac.


Celui avec lequel j’ai pris le plus de plaisir a été le recueil de nouvelles Itinéraires Inattendus, car les personnages changent à chaque nouvelle, le décor aussi, laissant plus de place à mon imagination. On s’amuse un peu plus, il y a moins d’investissement dans les personnages et les détails sur les lieux, c’est plus léger, si j’ose dire. Bien sûr certaines de mes nouvelles parlent de sujets graves, comme La Femme sans Visage, une fable métaphorique qui met en scène deux femmes blessées intérieurement.

Le sujet du deuil périnatal est rarement évoqué en littérature, n’as-tu pas eu peur d’effrayer les lecteurs avec ce sujet sombre ?
Je comprends que ce sujet puisse rebuter certains lecteurs, il est encore tabou. Mais j’aime sortir des sentiers battus… Dans mon livre, ce deuil est une « casserole » que traîne l’héroïne et qui explique certains de ses comportements. Ce n’est pas le thème principal du roman mais il apporte de la profondeur au personnage principal, lui donne un « esprit torturé » et l’occasion idéale de mélanger réalité et illusion. Les moments difficiles font aussi partie de la vie et il faut juste apprendre à vivre avec et en parler dans les livres. Comme disait Sénèque : «La vie ce n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre à danser sous la pluie.»

On dit souvent de tes écrits qu’ils ont un côté poétique. Dans « Les Larmes du Lac », tu places en tête de chapitre de belles citations. La poésie est importante pour toi ?
C’est vrai, on me fait souvent ce retour sur l’aspect poétique de mon texte ; mais quand j’écris, je ne m’en rends pas compte. Cela doit faire partie de mon style, de mon amour pour les mots et aussi de ma formation littéraire. J’ai fait des études de Lettres à la faculté de Perpignan et j’ai été bercée par la poésie de Rimbaud, Baudelaire, Hugo, Apollinaire ou même Racine. Pour moi, la poésie, c’est aimer les mots et savoir les utiliser comme un baume, savoir toucher le cœur des lecteurs.

Le mot de la fin ?
Lisez ! N’arrêtez jamais de lire. ☺

Retrouver Marie Havard
sur son blog www.mariehavard.com et sur sa page Auteur Amazon.
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Instagram : marie.havard

Bibliographie

Romans :
Les Voyageurs Parfaits (2010)
Les Larmes du Lac (2015)

Nouvelles :
Itinéraires Inattendus (2020)

Recueils de nouvelles avec le Club des Indés :
Destinations Inconnues ( 2018)
10 nuances d’Indés (2019)
Les Indé’Cibels (2021)

Recueils de nouvelles avec l’IndéPanda :
IndéPanda 1 (2016)
IndéPanda 6 (2018)

Livres pour enfants :
Pic Pic le Moineau (2019)
Hector le Tyrannosaure (2019)

Tribune Libre avec Enzo Bartoli

Il m’est déjà arrivé de répondre à des interviews. Le plus souvent pour la presse quotidienne régionale, parfois pour un blog, plus rarement pour la presse spécialisée. Une constance toutefois, quel que soit le support, lorsque je lis l’article qui en découle je suis toujours déçu. Par mes réponses évidemment. Parfois aussi par la manière dont elles ont été retranscrites. Mais le plus souvent mes regrets se portent sur les questions que l’on ne m’a pas posées, celles qui m’auraient permis de m’exprimer sur les sujets dont j’avais envie de parler… Grâce à Agnès, à son soutien et à la confiance qu’elle m’accorde, j’ai cette fois toutes les clefs en main et je ne pourrais donc m’en prendre qu’à moi-même si le résultat ne me convient pas. Sur ce…

Enzo, qu’est-ce que tu fais là ?
Là ?

Oui, là, je veux dire : dans ce milieu littéraire
Je me le demande bien ! On va dire que c’est le hasard, comme beaucoup de choses qui me sont arrivées jusqu’à présent.

– Et plus sérieusement ? Si tu voulais bien faire un effort…
Bon, c’est bien parce que c’est toi. Alors je vais commencer par être franc, je n’ai jamais eu le sentiment d’appartenir à ce qu’on appelle communément « le milieu littéraire » et je n’ai aucune idée de ce qui se cache derrière cette nébuleuse. Lorsque (attention, je vais parler de la vie d’avant) je circule entre les stands du Salon du livre de Paris, j’ai du mal à imaginer qu’on puisse unir sous une même appellation un Marc Levy, un Douglas Kennedy et une Amélie Nothomb.

Quelle différence fais-tu entre eux ?
Le premier est doté d’un formidable don de raconteur d’histoire, même chose pour le deuxième, qui ajoute à cela un vrai talent d’écriture, au contraire de la troisième qui s’avère totalement dépourvue de l’un comme de l’autre et n’est qu’un pur produit marketing bâti à grand renfort de coupes de champagne et de chapeaux d’Halloween.

Oui, euh… on va plutôt revenir à toi.
Attends, je peux aussi parler des essayistes qui utilisent leur plume pour tenter de faire élire…

Non non, ça ira ! Contente-toi de nous dire ce que toi, tu fais, ou du moins ce que tu imagines faire.
Moi ? J’ai pour seule ambition de proposer aux lecteurs ce que j’allais chercher quand j’ai commencé à lire. J’étais enfant unique. J’habitais le quartier de la Bastille à Paris, d’où il n’était pas forcément facile de s’évader, et la lecture m’aidait à y parvenir. Maintenant, si j’avais eu à disposition console de jeux, tablette et Internet, est-ce que j’aurais ouvert un bouquin ? Pas certain ! Toujours est-il que je l’ai fait, avec les incontournables Club des cinq puis Six compagnons, qui traduisent à merveille ce que j’ai toujours eu envie de lire et donc, maintenant, d’écrire : des personnages attachants, une « bande » à laquelle on a envie d’appartenir et un décor qui nous sort de notre quotidien. C’est aussi ce que j’ai trouvé plus tard dans San Antonio ou chez Patrick Cauvin et c’est ce que j’essaye de reproduire, à mon petit niveau.

Tu as conscience de ne rien inventer ?
Bien sûr ! C’est juste ce que je m’applique à garder en tête au moment de m’atteler à un nouveau roman. N’ayant jamais eu la prétention de me mesurer à Agatha Christie ou à Arthur Conan Doyle, je ne m’imagine pas échafauder une intrigue à la Dix petits nègres. Par contre, je peaufine les ambiances et les personnages. Le plus souvent, ça part d’un milieu socioprofessionnel, comme le théâtre pour Les loges du mal ou les sites de rencontre pour adopteuntueur.com et l’intrigue se construit ensuite. C’est aussi ce qu’il m’arrive de rappeler lorsqu’un auteur plus jeune, ou moins expérimenté, me demande des conseils. En clair, écrivez déjà pour vous. Si vous y prenez plaisir, on peut espérer que d’autres partageront vos goûts.

Tu es souvent sollicité dans ce sens ?
Ça arrive… Note que le plus souvent, la demande est plutôt « comment fait-on pour vendre beaucoup » plutôt que « comment fait-on pour écrire un bon livre ». Mais bon, sans doute suis-je moins légitime sur ce dernier point. Et après tout, tu sais très bien que ce que certains appellent de « mauvais livres » sont souvent ceux qui se vendent le plus. Il nous est tous arrivé de nous laisser tenter par un bandeau annonçant le nombre de lecteurs « déjà conquis », ou par des critiques dithyrambiques, et de reposer le bouquin au bout de quelques chapitres. Le livre est un produit de consommation culturel comme un autre. Il y a beaucoup d’hypocrisie dans ce que tu appelais tout à l’heure le « milieu littéraire ». On parle de « l’industrie du cinéma » et de « l’industrie du disque ». Si on parlait plus souvent de « l’industrie du livre » on se rapprocherait de la vérité. Il y a par exemple un lectorat, et donc une clientèle, pour la romance, donc on en édite. La poésie se vend comme les cercueils à deux places, il est impossible de se faire éditer. Ce n’est ni plus ni moins que la loi du marché !

Eh bien restons dans le business ! J’ai cru comprendre que tu avais un parcours un peu chaotique dans le milieu de l’édition. Tu nous racontes ?
Ça n’a rien de réellement passionnant, mais ça pourra peut-être intéresser les auteurs débutants qui désespèrent en voyant s’accumuler sur leur bureau les lettres de refus. En fait, tout pourrait se résumer par ce que m’avait dit, un soir de dédicaces, l’excellent Gilles Del Papas :
Si un éditeur te dit « on y va », tu n’es pas plus avancé. S’il te fait signer un contrat, pas plus d’espoir. S’il te remet un chèque d’avaloir, idem. Si le chèque est honoré, alors, tu peux te dire qu’il se passera « peut-être » quelque chose.
Eh bien malheureusement, ça s’est vérifié. De belles promesses, à deux reprises, par deux belles maisons, et puis rien au bout. J’ai fini par trouver une petite maison régionale, qui m’a signé sur deux titres. Puis, après avoir échoué, apparemment de très peu, au Prix du Quai des Orfèvres et donc d’avoir loupé l’opportunité de signer chez Fayard, je me suis tourné vers l’autoédition, via KDP, la plateforme d’Amazon. Ça a plutôt bien marché dès le premier titre, Curriculum mortem, et c’est alors que la maison d’édition d’Amazon, Amazon Publishing, devenue par la suite Thomas & Mercer pour le polar, m’a proposé d’éditer les nouveaux titres et de rééditer les anciens sous leurs labels. Plus à me préoccuper des corrections, de la couverture, du marketing…

– Bref, une affaire qui marche.
(Rire jaune) Qui marchait ! Le polar francophone étant beaucoup moins rentable que le polar anglophone, il a été abandonné par Amazon. Je suis donc redevenu indépendant. Comme quoi, rien n’est jamais acquis ! Mais pour le moment, je ne regrette pas. J’ai pris beaucoup de plaisir à concocter de A à Z « Madame la flic ». J’aurais même tendance à dire que je préfère gérer moi-même la couv ou la 4ème de couv. J’ai quelques bonnes relations finement lettrées pour m’aider dans les corrections. En revanche, c’est sur l’aspect marketing que ça pêche. C’est vrai que, lorsque ton bouquin s’affiche à l’allumage sur toutes les liseuses de France, ça aide… mais bon, on verra comment ça se passe. Et puis, je l’ai inscrit au concours des plumes francophones 2021… on ne sait jamais ! Il faut toujours garder l’espoir.

– Tu veux nous en dire plus sur ce bouquin ? Il y a, je crois, une grande nouveauté.
Je ne vois pas de quoi tu veux parler…

– Et moi je sais que tu vois très bien.
OK ! Tu fais sans doute allusion au fait que, pour la première fois, mon personnage principal est une femme.

– Effectivement. Tu admettras que tu auras mis du temps à sortir de tes vieux schémas machistes.
Alors là, permets-moi de m’inscrire en faux. Je n’ai jamais été misogyne, ni mes bouquins d’ailleurs. C’est la société dans son ensemble, et peut-être plus particulièrement, du moins pendant un temps, l’institution policière, qui le sont. Et puis quand tu as appris à lire avec San Antonio ou Nestor Burma, même s’ils étaient loin du mépris que peut exprimer un SAS envers les femmes, tu t’enfermes un peu dans l’idée qu’un bon polar passe par des codes masculins. Ça a changé. Par les temps qui courent, il est préférable de dissimuler son machisme. Alors j’ai surfé sur la vague en me disant que si cette petite concession pouvait assurer de gros tirages, il ne fallait pas se gêner.
– …
C’est bon, je déconne ! C’est venu comme ça, en même temps que l’idée de ce livre.

– Je peux espérer que tu redeviennes sérieux ?
Mais je le suis. En fait, je me trouvais sur une île grecque, sur la plage d’une réserve naturelle sur laquelle des migrants avaient été débarqués quelques jours plus tôt, en semant un peu l’émoi dans la population. Il se disait n’importe quoi, qu’il y avait eu des noyés, qu’on n’avait pas retrouvé tous les corps, que les passeurs avaient été arrêtés puis relâchés aussitôt… Bref, tous les fantasmes qui peuvent se réveiller en pareille circonstance, mais qui peuvent aussi aider à mettre en place une intrigue. Et c’est le même soir que j’ai assisté à l’arrestation par les policiers grecs de deux touristes anglais ivres morts. C’était une femme qui dirigeait l’opération et c’est là que j’ai compris que je tenais un truc. Ça tombait bien parce que j’avais envie de changer d’ambiance par rapport à mes précédents romans. En revanche, quand j’ai fait le choix de l’écrire à la première personne, j’ai un peu regretté. Pas évident de se mettre dans la peau d’une femme, même flic. Quant aux fautes d’accord, je ne t’en parle même pas !

– Des regrets ?
Certainement pas ! C’était une expérience très intéressante et le fait de faire voyager mon personnage à travers l’Europe était également nouveau, et très enrichissant.

– Tu envisages donc une suite…
Faut voir… Avant de prendre ce genre de décision, j’ai tendance à écouter les lecteurs. Et même si Madame la flic a été très bien accueillie, ils sont nombreux à me laisser entendre qu’ils retrouveraient avec plaisir Tonton et le Beau gosse, de ma série Brigade criminelle. À moins qu’une fois encore, je me laisse guider par un coup de cœur comme en réserve parfois l’existence… ou les comptoirs des bistrots qui ont enfin rouvert.

– C’est une réelle source d’inspiration ?
Bien sûr ! Selon les quartiers, le type d’établissement ou l’heure de la journée, ce sont des endroits formidables pour observer nos contemporains, qui ne sauront d’ailleurs jamais que leur silhouette, leur attitude ou leur façon de parler risquent de se retrouver un jour dans un roman. Et à ce propos, j’aime beaucoup un livre de Stefen King, dans lequel je me replonge régulièrement. Il s’appelle « Écriture, mémoire d’un métier ». En dehors de ses débuts, on ne peut plus difficiles et qui pourraient remonter le moral de n’importe quel auteur en manque de reconnaissance, il y livre pas mal des clés indispensables pour planter un décor et y bâtir une solide intrigue. Ça je vous l’offre, c’est pour moi c’est cadeau !

– Un cadeau ? C’est une jolie manière de conclure une tribune.
Parce que c’est fini ?

– Logiquement… oui. Sauf si tu avais quelque chose à ajouter ?
Plein de choses. Tu me laisses encore un peu de temps ?

– Oui, bon… Mais fais vite.
Compte sur moi ! Alors… J’en ai marre de se sempiternel débat « liseuse ou livre papier ». On s’en fout ! L’important, c’est de lire, peu importe le support ! La vie est un roman, de Guillaume Musso, est le troisième livre le plus vendu en France en 2020 ? Je vous jure que je n’y suis pour rien ! Il devance Pierre Lemaitre ? Quand je vous disais que la vie est injuste ! Éric Zeimour va arrêter l’écriture ? Enfin une bonne nouvelle ! Quoi ? C’est pour se lancer en politique ? Redonnez-lui son stylo, vite ! Augustin Trapenard ne va plus à Livre Paris parce qu’il y a trop d’auteurs indépendants et d’autoédités ? Tant pis pour lui ! Il est passé à côté de véritables pépites qui, pour la plupart, cartonnent maintenant dans l’édition traditionnelle. Je pense à Solène Bakowski, Amélie Antoine, Laure Manel, Isabelle Rozenn-Mari, Jacques et Jacqueline Vandroux, Wendall Utroi, Luca Tahtieazym, Mathieu Biasotto et j’en oublie… Soyez curieux, LISEZ-LES !

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Tribune Libre avec Aymeric Janier

Aujourd’hui, je réponds à l’aimable invitation d’Agnès, qui m’a temporairement laissé les rênes de son blog, « Destination Passions », pour vous parler de mon parcours, de mes goûts (littéraires) et de mon premier roman, « L’Étoile d’Orion », paru en septembre 2019, aux éditions Beta Publisher.

Je la remercie de cet honneur, et j’espère que cette tribune libre – ou plutôt cette tribune livre – vous donnera envie de découvrir mes écrits

Bonjour Aymeric. Pourrais-tu en guise de préambule,te présenter en quelques mots ?

Bonjour à toutes et à tous. Je m’appelle Aymeric Janier. J’ai 39 ans et je travaille comme éditeur au journal « Le Monde ». Éditeur, me direz-vous, en quoi cela consiste-t-il ? Eh bien, cela signifie que mon rôle est de relire les articles de mes collègues, de vérifier les informations qu’ils contiennent et, le cas échéant, de réécrire, voire de couper certains passages. L’objectif est de m’assurer que le contenu soit intelligible pour le lecteur, quels que soient le sujet traité et l’angle choisi. C’est un métier exigeant, car il faut être à la fois rapide, rigoureux et très organisé.

Avant de rejoindre le milieu de la presse, en 2006, j’ai suivi un cursus de langues étrangères, ce qui m’a permis d’étudier successivement au Royaume-Uni et en Allemagne. Féru d’Histoire et de géopolitique, deux univers qui recèlent leur part de mystère, je suis aussi un grand lecteur. C’est d’ailleurs ce qui m’a poussé, très tôt, à prendre la plume. Après avoir lu tant de belles histoires, je voulais écrire la mienne.

Justement, de quoi parle « L’Étoile d’Orion » ? 

Ce roman met en scène une organisation secrète, SPECTRE, créée aux États-Unis en réaction à un incident survenu le 20 janvier 1986. Cette structure fantôme a vocation à éliminer les menaces extérieures. Du moins, en théorie. Trois individus, que rien ne prédestinait à se rencontrer (et, a fortiori, à s’unir), vont l’apprendre à leurs dépens. Le titre fait référence à Orion, chasseur géant de la mythologie grecque qui était réputé pour sa beauté et sa violence. Pourquoi ? Parce que, dans mon récit aussi, il est question de traque, de beauté et de violence…

Comment est née l’idée de ce livre ? Peux-tu retracer brièvement sa genèse ? 

La géopolitique est un univers qui m’attire depuis longtemps. Elle offre de nombreuses clés de compréhension du monde, et un domaine d’exploration presque infini. J’ai d’abord créé un blog, « Relations internationales : États critiques », pour aborder certaines thématiques relativement négligées par la presse dite traditionnelle.

Puis je me suis dit que j’avais envie d’aller plus loin, de tisser une intrigue qui aurait la géopolitique pour toile de fond. Restait à trouver une « porte d’entrée » originale, qui me permettrait d’écrire une histoire sortant des sentiers battus, sans pour autant rebuter le lecteur. J’ai alors décidé d’ancrer mon récit dans les années 1980, car, sur le plan des relations internationales, c’est une décennie très riche, marquée notamment par la chute des régimes communistes en Europe de l’Est (et, ipso facto, la fin de la guerre froide).

L’écriture de ce livre t’a-t-elle pris beaucoup de temps ? 

Oui, j’y ai consacré plusieurs années, car ce roman a nécessité des recherches très approfondies, notamment sur l’aspect militaro-stratégique de la guerre entre l’URSS et l’Afghanistan. Lorsque l’on touche à un sujet historique, quel qu’il soit, il ne faut rien laisser au hasard. Tout doit être solide, sans quoi la structure même du récit peut s’effondrer. Si j’ai choisi la fin de la guerre froide comme cadre à ce livre, c’est parce qu’à mes yeux, elle symbolise un tournant majeur. À partir de là, une nouvelle ère s’ouvre, plus incertaine, plus instable aussi.

Ton métier de journaliste a-t-il eu une incidence sur ta manière d’écrire ? 

Oui, bien sûr, mon activité de journaliste m’a grandement influencé, ne serait-ce que dans le choix des mots et au niveau du style. Mais la grande différence est que, dans mon métier, il y a un cadre et des normes très strictes à respecter. Nous nous appuyons sur des faits, et rien que des faits. La fiction, elle, offre un champ de possibilités beaucoup plus vaste, que l’on peut faire fructifier à loisir.

Avec « L’Étoile d’Orion », j’ai jeté un pont entre ces deux formes d’écriture, avec une part de vérité, mais aussi d’imaginaire. Un bon compromis, finalement. Je voulais pousser le lecteur à s’interroger : cela s’est-il vraiment passé et, si ce n’est pas le cas, les choses auraient-elles pu se dérouler ainsi ?

Ton livre se situe au carrefour de la géopolitique, de la diplomatie, mais aussi de l’espionnage. Pourquoi ?

Le milieu trouble des agents secrets exerce sur moi une curieuse fascination. Peut-être parce qu’il fait naître, comme chez tout un chacun, son lot de fantasmes et d’interrogations. Par définition, l’inconnu a toujours tendance à nous attirer, même si, au fond, nous le craignons. En tant que lecteur, mais aussi en ma qualité d’auteur, je me suis nourri des écrits de Tom Clancy, Robert Ludlum et John Le Carré, les maîtres du genre.

Quels sont les auteurs qui t’ont donné le goût de l’écriture ? 

Il y en a plusieurs, mais je citerai, entre autres, George Orwell, Jack London et Aldous Huxley. Tous les trois ont, à leur façon, su me séduire par leur plume, leur sens du récit et le côté avant-gardiste de leurs romans. Parmi les auteurs plus récents, j’ai une prédilection pour Stephen King, Ken Follett et Elizabeth George – de formidables conteurs qui maîtrisent à merveille l’art du suspense et du rebondissement.

Revenons à ton roman. A-t-il quelque chose qui le différencie des autres ?

Oui, il est agrémenté de « contenus additionnels », à savoir des QR codes disséminés au fil des pages. L’idée est venue de mes éditrices. Elles ont pensé, à juste titre, que cela permettrait à celles et ceux qui le souhaitent d’en savoir plus sur le contexte géopolitique des années 1980. Nous avons donc élaboré de concert des séquences audio et vidéo (j’ai écrit les textes ; elles ont « posé » leur voix dessus), ainsi qu’une carte animée, pour donner de la « valeur ajoutée » au récit. Je pense que cette hybridation entre contenu papier et numérique est appelée à se développer, à condition toutefois que cela ait un sens. Tous les secteurs évoluent. Pourquoi la littérature ferait-elle figure d’exception ?

Quels rapports entretiens-tu avec tes lecteurs ? 

Dans la mesure où « L’Étoile d’Orion » est mon premier roman, tout est à construire. Il est vrai que la géopolitique et l’espionnage peuvent effrayer ceux qui sont peu habitués à ce genre de prose, mais je préfère me dire que la curiosité l’emportera. C’est un défi exaltant que d’amener certains lecteurs à sortir de leur « zone de confort ».

Jusqu’à présent, les retours que j’ai eus sont enthousiastes, ce qui, bien sûr, me ravit. C’est une belle marque de confiance ; confiance qui, je l’espère, se renforcera au fil du temps.

As-tu déjà en tête un autre projet d’écriture ?

Oui, mon prochain roman est déjà écrit, du moins dans sa « version brute ». Le cadre dans lequel il s’inscrit est totalement différent de celui de « L’Étoile d’Orion » puisqu’il s’agit d’une dystopie, dont l’action se déroule au Royaume-Uni, en 2100. Il y est question de dictature et de résistance. Un texte très « orwellien », en somme. Il devrait paraître en avril 2021.

Un petit mot pour conclure ? 

Je remercie Agnès de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer par le biais de son blog. Je voudrais dire à celles et ceux qui seraient tentés par « L’Étoile d’Orion » : « N’ayez pas peur ! ». La géopolitique et l’espionnage, lorsqu’ils se rencontrent, peuvent aussi, à leur manière, former un cocktail savoureux…

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Tribune libre avec Patrick Delouvée

Aujourd’hui Agnès m’a passé les clés de son blog et il parait que je peux dire ce que je veux.
Alors, tout d’abord je voudrais la remercier, pour l’honneur qu’elle me fait et pour tous ses efforts pour promouvoir les auteurs indépendants.
Bon, attention quand même, car Agnès est tellement bienveillante avec nous qu’on a vite fait d’attraper la grosse tête et de croire qu’on est un grand auteur.
Cela dit, je ne sais pas si je serai à la hauteur d’Isabelle Rozenn-Mari qui m’a précédé dans cet exercice, mais je veux bien jouer le jeu… Alors allons-y !

Bonjour Patrick, bienvenue sur le blog. Pourrais-tu te présenter aux lecteurs ?
… Euh, l’exercice n’est pas facile. Heureusement, j’ai un peu préparé. Je crois que le mot qui me caractérise le mieux est « atypique ». Et cela dans tous les domaines.J’ai un côté très pratique, sérieux, avec les pieds sur terre mais je peux aussi être très fantaisiste comme l’atteste ma vie professionnelle diversifiée et pour le moins mouvementée.
En vrac, j’ai pu être selon les périodes… (à moins que ce ne soit dans mes vies antérieures) :
— Cadre dans l’industrie pharmaceutique,
— Détective déclaré auprès de la préfecture de Paris,
— Pharmacien d’officine,
— Gérant d’une épicerie fine où je vendais des grands vins, du saumon fumé ou des petits pois…
Et puis aussi, dans un tout autre genre :
— Juge dans un tribunal de commerce de la région parisienne.
Comme vous voyez, c’est éclectique !
L’un des avantages que j’en retire, c’est que cela me donne une expérience extrêmement riche et variée que je peux utiliser dans mes romans.
Cela signifie aussi que je suis ouvert à tout, que j’aime faire des expériences nouvelles et l’écriture en est un exemple.
Enfant, j’oubliais régulièrement mon cartable pour partir à l’école et mon père devait chaque jour me le rappeler.
Et puis durant ma scolarité, je rêvais au lieu d’écouter le professeur. À tel point que j’ai pris conscience en classe de seconde que je n’avais jamais écouté les cours… C’est vous dire s’il me restait du temps pour développer mon imaginaire !
Alors bien sûr, l’écriture m’a tenté très tôt mais la vie d’adulte m’a rapidement absorbé et mes quelques tentatives dans ce sens se sont vite retrouvées dans un tiroir.
C’est donc sur le tard, à l’heure de la retraite, que j’ai pu concrétiser cette envie avec mon premier roman policier : « Du sang sur le parquet ».
Et là, Agnès est arrivée, comme Zorro surgissant hors de la nuit. Elle m’a tiré vers la lumière, celle de son blog, pour me donner une visibilité que je n’attendais pas. D’ailleurs, je n’ai toujours pas compris comment elle fait pour aller pêcher les gens dans le néant, mais qu’elle en soit une fois encore remerciée.

En effet tout ça me paraît « atypique », comme tu dis. Peux-tu nous dire de quelle façon tu écris tes romans… Comment construis-tu ton intrigue ?
Là aussi, je suis peut-être atypique. En tout cas, je sais que certains auteurs font un plan structuré de leurs différents chapitres, rédigent une fiche de leurs personnages ou décident du dénouement avant d’écrire une seule ligne.
Moi, pas du tout, c’est plutôt le contraire.
Je pars d’un fait déclencheur. Exemple : dans mon deuxième roman « Sang complications », il s’agit d’un homme marié qui s’inscrit sur un site de rencontre.
À partir de là, comme je dis je tire des ficelles, c’est-à-dire que je mets mon personnage dans une certaine situation et j’étudie ensuite comment je pourrais justifier cette situation et comment le faire évoluer à partir de là. Et ainsi de fil en aiguille, l’histoire se construit, mes personnages commencent à exister. Je dirais même que je les découvre au fur et à mesure de l’écriture, en fonction de leur comportement, de leurs réactions pour sortir des situations dans lesquelles je les mets.
Autrement dit, je ne sais pas grand-chose de l’histoire quand je commence à écrire et au contraire, pour que les idées me viennent, il faut absolument que j’écrive même si cela peut être remanié par la suite.

Oui, c’est assez inattendu en effet. Parles-nous de tes livres, tu en as écrit trois, je crois.
Le tout premier « Du sang sur le parquet » raconte l’histoire d’un jeune homme que son grand-père envoie visiter une maison dont il vient d’hériter d’un oncle qu’il ne connaissait pas. Bien des surprises l’attendent et il se retrouve impliqué dans un meurtre, le tout pimenté par une histoire d’amour et bien sûr, des rebondissements et beaucoup de suspense.


Pour mon second roman, « Sang complications », j’ai expérimenté la narration à la première personne et au présent de l’indicatif. Cela donne un style très vivant et on a l’impression d’être dans la tête du personnage, mais il y a forcément des limitations car on ne peut décrire que ce que vit le personnage. J’ai d’ailleurs glissé quelques scènes où j’ai repris la narration à la troisième personne.
Comme je le disais plus haut, c’est l’histoire d’un homme marié dont le couple bat de l’aile et qui cherche à s’évader en s’inscrivant sur un site de rencontres. Ce faisant, il croit s’engager dans une relation « sans complications » comme le vante la publicité du site. La réalité sera bien différente. Il se retrouve embarqué dans une aventure qui met en péril sa vie professionnelle et familiale, et même sa vie tout court.
Bref, au vu des mésaventures qui arrivent au personnage principal au fil des rebondissements, on est très loin d’une relation sans complications.

C’est une enquête policière ?
Oui et non. Il y a bien des policiers qui font une enquête, mais c’est en parallèle avec ce que vit le héros qui mène sa propre enquête pour essayer de sortir du pétrin dans lequel il s’est mis.

Oui, j’ai remarqué que tu cherchais à te démarquer du schéma traditionnel où il y a un meurtre et une enquête policière pour découvrir l’assassin, je me trompe ?
Non, c’est tout à fait ça ! Je cherche à sortir des sentiers battus, j’essaie d’être original… Et peut-être encore atypique, finalement !
En tout cas, ce que je veux avant tout, c’est distraire mes lecteurs. En écrivant, je me mets à leur place en permanence pour m’assurer qu’ils ne s’ennuient pas. C’est la raison pour laquelle je fais peu de descriptions, je préfère laisser les lecteurs utiliser leur imaginaire : un livre n’est pas un film. Et je me concentre donc sur le suspense.

Tu viens de sortir ton troisième roman « Le noyé de la plage » qui s’annonce comme étant une enquête policière. C’est même dans le sous-titre. Serais-tu rentré dans le rang ?
Dans un certain sens, oui. Car il s’agit d’une enquête menée par un capitaine de police que j’envisage d’ailleurs de réutiliser dans d’autres livres. Mais toujours avec le souci de l’originalité, en évitant le déjà-vu et en restant attentif aux rebondissements et au suspense.
J’adore surprendre mes lecteurs et tout mettre en œuvre pour qu’ils ne découvrent pas la solution avant la dernière page.
Dans ce roman, on part d’un banal accident de voiture et de fil en aiguille, on finit par déterrer un cold case, qui donne bien du fil à retordre à mon héros, le capitaine Grégory Deval.
J’ai déjà des retours très positifs.

Parles-nous de tes passions.
Eh bien, comme je l’ai dit plus haut, je suis maintenant à la retraite mais toujours très occupé.
Je fais de la peinture depuis les années 80 avec des interruptions selon les priorités du moment.

Peinture à l’huile ?
Essentiellement oui, mais aussi de l’aquarelle et de l’acrylique.

Plutôt réaliste ou abstrait ?
Disons… réaliste : des paysages essentiellement, mais il m’arrive de m’essayer à l’abstrait.

D’autres passions ?
Oui, récemment je me suis mis à faire du théâtre. C’est une activité très complémentaire de l’écriture de livres. Là aussi, on fait travailler le cerveau et particulièrement la mémoire. Mais il n’y a pas que l’apprentissage des textes. Il faut surtout sortir de soi-même pour interpréter un personnage qui n’a rien à voir avec notre propre personnalité. Et là on quitte sa zone de confort, mais ça permet d’évoluer.

Quels sont tes projets… Un quatrième roman ?
Sûrement, mais comme je fais maintenant du théâtre, l’envie me démange d’écrire une pièce. J’y réfléchis depuis un certain temps. C’est un exercice très différent d’un roman et un nouveau challenge pour moi.

Dans quel genre ?
Oh pas des tragédies bien sûr, du théâtre de boulevard. Mais le comique est réputé difficile et il est trop tôt pour dire si ce projet aboutira.

Je vois que tu as toujours le cerveau en ébullition !
En effet, j’ai besoin d’une activité intellectuelle permanente, sinon je m’ennuie.

Ce sera le mot de la fin ?
Oui, il me reste à te rendre les clés du blog en te remerciant vivement de la confiance que tu m’as accordée.

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Tribune Libre avec Isabelle Rozenn-Mari

Aujourd’hui, Agnès me laisse les clés de son blog… ce qui veut dire que je ferai à la fois les questions et les réponses… Quel honneur, quelle joie !
J’investis les lieux à pas feutrés, puis finis par me diriger hardiment vers la salle du trône. Calife à la place du Calife, j’en ai toujours rêvé ! Je m’installe enfin sans vergogne à la place tant convoitée, puis jette un œil alentours. Personne… J’y suis, j’y reste ! Du moins, le temps d’un petit interrogatoire serré entre me, myself and I. Tant pis pour vous, vous l’aurez voulu…

Bonjour Isabelle, je suis ravie de te recevoir. Pour commencer, pourrais-tu te présenter ? Que te vaut l’honneur d’être présente aujourd’hui sur le blog de Destination Passions ?
Oui. Bonjour… alors, me présenter, ça n’a jamais été facile pour moi. Que dire, par quoi commencer ? L’angoisse… Déjà, si je suis là, c’est parce que je suis écrivain. Romancière, auteur, autrice. Les mots ne manquent pas pour désigner une femme qui écrit des livres. Pour ma part, j’écris depuis que j’ai huit ans. J’ai toujours aimé les mots, et par-dessus tout, les histoires. En grandissant, j’ai trouvé tout naturel de laisser s’exprimer une imagination naturelle débordante. On me disait rêveuse. Voilà, j’assumais enfin ce côté anticonformiste de ma personnalité, et ça n’a pas changé depuis !
J’ai rencontré virtuellement Agnès et son blog un an après m’être lancée dans l’aventure de l’autoédition. C’est elle qui m’a contactée après avoir lu mon premier roman, écrit bien des années auparavant : l’Héritage des Damnés. Depuis lors, elle se force à lire chacun de mes bouquins et fait semblant de les adorer. Je fais moi aussi semblant de la croire pour lui faire plaisir, mais je ne suis pas dupe !

Trêve de plaisanterie Isabelle, l’écriture de romans, c’est une chose sérieuse. Recentrons nous. Tu as écrit combien de livres à ce jour ?
Laisse-moi le temps de compter sur mes doigts (on ne peut être à la fois littéraire et matheuse, ce n’est tout simplement pas possible). Une série de trois livres jeunesse (de la fantasy sur fond de légende arthurienne dans le monde réel), un, deux, trois, quatre romans surnaturels, avec romance et suspense insoutenable, un conte de Noël, et mon nouveau roman qui est comme d’habitude, inclassable. Ça fait neuf.

Un de ces romans a tout particulièrement connu un grand succès, tu peux nous en parler ?
Oui, il s’agit de « Souviens-toi Rose… ». Je l’ai sorti en 2015 et il a gagné le prix des lecteurs Amazon, l’équivalent des Plumes Francophones aujourd’hui. Il a été lu à ce jour par plus de 30.000 personnes. C’est l’histoire d’une jeune femme, Rose, romancière célèbre aux Etats Unis, qui revient sur les terres de son enfance, en Bretagne, pour hériter d’une maison familiale. Un manoir. Rose a tout oublié de ses jeunes années. Ses parents sont décédés lorsqu’elle avait huit ans. Après cela, black-out. Dès son arrivée, les langues se délient, mais une atmosphère étrange et palpable rend les lieux particulièrement angoissants. Que cache le passé de Rose, pourquoi un homme trop proche de la vérité est-il assassiné dans sa maison dès son retour ? La maison est-elle vraiment hantée ? Voilà ce que Rose devra découvrir tout en essayant de conserver sa santé mentale intacte…

Tout un programme ! Pourquoi dis-tu que tes livres sont inclassables ?
Surnaturel, thriller, suspense, romance. Je mélange tous les genres que j’aime. Il n’y a pas encore de nom pour ce type de mélange. Mais je suis sûre que ça viendra !

Essayes-tu de faire passer des messages à travers tes livres ?
Oui ! Et à mon sens, c’est ce que font tous les romanciers. Qu’il s’agisse de métaphores ou de messages moins sibyllins, il y a toujours un enseignement à tirer d’un livre. Ça n’aurait pas de sens de lire sans cela. Même si les lecteurs n’en ont pas toujours conscience.
De mon côté, derrière des scènes parfois effrayantes, il y a toujours l’espoir. La vie est faite de hauts et de bas. Elle peut être effrayante et e elle est parfois dure. Mais je veux croire qu’après la pluie, il y a toujours le soleil. Et puis il y a l’amour. Sans l’amour, pour moi, la vie n’a pas de sens. Je ne parle pas que de l’amour romantique, mais de l’amour dans un sens plus élargi. Le monde en a cruellement besoin. Il est capable de soigner tous les maux. Et ce sont ceux qui en ont manqué qui posent le plus de problèmes dans notre société. Je parle aussi parfois de choses plus profondes et plus personnelles comme la vie après la mort. Tout simplement parce que j’y crois. Je peux aussi parler des blessures émotionnelles que nous héritons de nos parents, de nos ancêtres.

Mais pourquoi le surnaturel ?
Je pense que la vie dissimule de nombreux mystères et cela attise ma curiosité naturelle. Je lis avec passion les articles en rapport avec les NDE (Near Death Experience), la réincarnation, les âmes jumelles, l’éveil de la conscience. Je médite, je dévore les livres de développement personnel écrits par des sages tels que Deepak Chopra, et depuis peu, je m’intéresse à la physique quantique.
A mon sens, le surnaturel n’est pas si éloigné de notre réalité que l’on pourrait le croire.

OK. Hum… Tu es donc un peu perchée…
Sûrement un peu, mais il faut l’être pour écrire des romans, lol. Plus sérieusement, je mène une vie tout ce qu’il y a de plus normale. Je peux aussi être parfaitement terre à terre, et j’ai un sens pratique inégalable. Mais j’ai besoin de cette part de fantaisie dans ma vie. Et encore une fois, nous ne pouvons pas continuer à vivre tout en ignorant la part de mystère qui entoure notre création. C’est mon avis, et je ne force personne à le partager.

Quelle est ton actualité ? Tu parlais tout à l’heure d’un nouveau livre ?
Oui. Il est en ligne depuis quelques jours seulement. Il s’appelle « Maddie, si tu savais… ». Je rompt avec mes habitudes pour ce livre. Il est écrit à la première personne, au présent, et alterne le point de vue des deux personnages principaux qui vont se rencontrer : Matthieu et Maddie. Dès le premier regard, c’est le coup de foudre. Mais Matthieu va vite comprendre que la vie de Maddie est en danger car Il connaît son avenir (au lecteur de découvrir comment…). Dès lors, il n’aura qu’une obsession : la prévenir pour la sauver. Mais bien évidemment, tout ne sera pas si simple… Maddie est un personnage que j’aime particulièrement. Elle évolue durant le roman. Au début, elle est dans sa zone de confort, elle n’a pas envie d’ébranler ses certitudes, ni la façon dont elle voit la vie. Mais l’arrivée de Matthieu va tout bouleverser. Elle a réussi à m’épater ! C’est un peu bizarre de parler d’une héroïne comme si elle était réelle. Mais à force de faire vivre et parler ses personnages, on finit par y croire ! D’ailleurs, quand je finis un livre, j’ai l’impression de quitter des amis. C’est parfois un peu difficile, j’ai l’impression de les abandonner !
Aux lecteurs à présent de lire le livre pour découvrir si Matthieu va réussi à la sauver, et comment…
Les premiers retours sont bons. Des lecteurs m’écrivent déjà pour me dire qu’ils n’ont pas réussi à dormir avant d’avoir fini le livre, ça fait toujours plaisir !

Super ! Quels sont tes rapports avec tes lecteurs justement ?
Rares, mais intenses ! Entre deux romans, je me terre dans ma caverne pour vaquer à mon quotidien et écrire. Je suis très peu sur les réseaux sociaux car je ne trouve pas le temps pour cela. Quand je sors un nouveau livre, à chaque fois, je me dis que les lecteurs m’ont forcément oubliée. Quel plaisir et quelle surprise quand je constate que ce n’est pas le cas ! Il y a quelques jours, alors que je remerciais une lectrice d’avoir partagé sur sa page FB l’annonce de la sortie de mon livre, elle s’est montrée étonnée, voire choquée, que je lui adresse la parole, comme si j’étais une rock star ! Pour le coup, c’est moi qui ai été intimidée par sa réaction. Mais qu’est-ce que c’est touchant !

J’ai cru comprendre que tu avais mal vécu les premiers commentaires négatifs sur tes livres. As-tu réussi à prendre du recul depuis ?
Alors, oui. J’ai beaucoup pleuré au début. Quand on écrit, on donne beaucoup de soi. Et parfois, les lecteurs ne se rendent pas compte à quel point leurs propos peuvent être cruels et injurieux. Ils perdent de vue, derrière leur écran, qu’ils s’adressent à une personne dotée de sensibilité (et les romanciers tout comme la plupart des artistes en ont, je pense, un peu plus que les autres), et qui a consacré beaucoup de son temps et de son énergie à livrer cette part d’elle-même.
Aujourd’hui, ça ne me fait toujours pas plaisir. J’ai toujours un petit pincement au cœur. Mais j’ai compris qu’on ne pouvait pas plaire à tout le monde. C’est aussi ce que les lecteurs doivent intégrer quand ils disent « je ne comprends pas que ce livre ait connu un tel succès, moi, je n’ai pas aimé ». Nous sommes tous différents, nous n’avons pas les mêmes points de vue, et heureusement. C’est ce qui fait notre diversité, même si au fond, nous voulons tous la même chose : être heureux. Mais nous ne poursuivons pas le même chemin. Nous ne rencontrons pas les mêmes personnes et nous avons tous des expériences différentes. Soyons tolérants…
Par contre, certaines critiques sont très constructives et j’en tire souvent des enseignements pour m’améliorer.
Je profite de mon passage sur le blog d’Agnès pour la remercier : c’est elle qui m’a convaincue de poursuivre l’écriture quand j’étais au plus bas après certaines critiques assassines. Je n’aurais peut-être pas continué sans elle !

Merci pour elle. Il est vrai que même si elle reste dans l’ombre, elle est d’un grand soutien pour de nombreux auteurs de l’autoédition.
En parlant d’autoédition, quelle est ton ressenti par rapport à elle ?
Il est bon. Comme pas mal de mes collègues, je n’aurais jamais été lue sans elle. Je ne vais donc pas cracher dans la soupe. Maintenant, je ne vais pas te mentir, c’est quand même compliqué de percer dans cet univers. Il y a beaucoup de personnes qui écrivent de nos jours. La concurrence est rude ! En tant que lectrice, je suis parfois tombée sur de véritables bijoux de l’autoédition, et pour autant, leurs auteurs n’ont jamais connu le succès. C’est parfois injuste. J’ai parfois aussi lu des livres qui ont connu le succès, et qui à mon sens, n’avais pas autant de qualités que les autres. Mais ils avaient trouvé leur public. Ce que je respecte.

Est-ce que cela a été un tremplin pour toi, je veux dire, dans l’édition classique ?
Oui. Et Non.
« Souviens-toi Rose… » a été sollicité. Mais j’ai refusé à l’époque de perdre mon indépendance. Je ne dis pas que je suis contre. C’est à étudier au cas par cas. Mais il ne faut pas non plus se voiler la face. Peu d’auteurs inconnus percent réellement dans l’édition classique aujourd’hui. Ou alors, il faut une promotion énorme autour d’eux. Or, les maisons d’édition n’ont pas les moyens de le faire. Ça passe ou ça casse. Je pense qu’il y a eu pas mal de déceptions. Mais je reste optimiste néanmoins. Tout est possible ! Il faut juste garder les pieds bien ancrés au sol et ne pas se dire qu’on est le nouveau JK Rowling.
J’ai accepté un contrat pour les deux premiers tomes de ma série jeunesse « Les Enfants de Dana ». Malheureusement, la maison d’édition a fermé récemment les portes de son antenne jeunesse, et le troisième tome ne sortira pas en librairie. Je crois qu’en fait, je suis plus déçue pour mes lecteurs que pour moi. Cette série n’a pas été beaucoup lue, mais elle a suscité un énorme engouement de la part de ses lecteurs. Ils ne pourront pas avoir un 3ème tome conforme aux deux premiers. Je trouve ça vraiment dommage. Je suis donc retournée à l’autoédition pour cette série également…

Un mot de la fin ?
Je remercie Agnès de m’avoir permis de m’exprimer sur son blog à ma manière. Je ne pensais pas que ça me plairait autant. Cela me conforte dans mon choix de rester, du moins pour le moment, indépendante. Je pense que cela me convient bien ! J’espère que je n’ai pas été trop longue…
Bisous à mes lecteurs, et bonjour aux autres !
A bientôt…

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Tribune Libre avec Mickaël Paitel

Mickaël Paitel inaugure cette nouvelle rubrique Tribune Libre sur le blog que je vous proposerai régulièrement en laissant les commandes du blog à ceux et celles qui ont des choses à dire.

 

Aujourd’hui, Agnès me confie la clé du blog !


C’était son idée de départ, comme elle l’indiquait dans un précédent billet intitulé :
« Ça fait déjà 7 ans »

« Mon initiative sera de mettre à disposition une page du blog au premier auteur ou blogueur qui se signalera par email ou page contact. Pour parler de son actualité, de sa vision des choses…. bref, l’auteur ou blogueur fera ce qu’il voudra. Seule condition, pas d’auteur ou blogueur de livres du genre érotisme».

J’accepte ces conditions. Alors, c’est parti !

Interview « selfie », Mickaël s’interroge lui-même.

Bonjour Mickaël, sois le bienvenu sur le blog d’Agnès. Tu fais donc les questions et les réponses, c’est atypique ça !

— Ce serait malvenu de n’être pas le bienvenu ! Pour répondre à ta question, il faut se distinguer des autres, créer son propre univers, un terme que je n’aime pas du tout ! Il y a des galaxies d’auteurs plus talentueux les uns que les autres.

Quelle est ton actualité ?

— Je viens de publier mon 9ème roman « une retraite sous de mauvais auspices » qui a eu fin avril, son heure de gloire dans le Pays du Léon. Un article lui a été consacré dans le Télégramme de Morlaix, l’ultime récompense après 2 ans de travail.

L’article a-t-il pesé sur les ventes ?

— Oui, significativement pour une commune de 3500 habitants ! Des plouescatais venaient sonner chez moi. Des touristes de Loudéac qui avaient lu l’article sont venus m’acheter deux exemplaires. Ça n’arrêtait pas jusqu’à la première rupture de stock. Mon voisin, qui m’avait aperçu en train de tondre ma pelouse, m’a interpellé puis invité à boire le café. (plus d’une heure passée ensemble). « Alors comme ça, vous écrivez, etc. ». Mon médecin m’a également félicité ! Puis, il y a fallu signer des dédicaces ! C’est une expérience assez perturbante. Je sentais le regard du lecteur sur la page blanche que j’allais griffonner. Je m’en sortais en offrant une citation personnelle. Par exemple :
Ceux qui ont pris leur retraite ne voient pas l’avenir sous les meilleurs auspices.
(c’est celle-ci qui m’a inspiré le titre du livre.) Ou bien encore :
« J’adore voir ma couturière chaussée de talon-aiguilles »
Puis, je signe. Distiller des jeux de mots, faire rire en général, est presqu’une obligation morale. J’ai créé une bonne vingtaine de citations. En revanche, le livre numérique n’a réalisé à ce jour aucune vente !

Comment l’explique-tu ?

— Je l’explique par le surnombre de publications (environ 100 000 ebooks par mois uniquement sur Amazon), l’absence de conseils professionnels pour la couverture, les couleurs ? L’illustration a été réalisée par une amie autiste qui vit à Chelles en région parisienne. Je crois, qu’en tant qu’auteur auto-édité, qu’il faut justement se faire connaître dans sa commune, viser le département, puis éventuellement la région… Je n’ai pas cette ambition. Quand je lis d’autres auteurs, il y a de quoi douter de son talent d’écriture. Il m’est arrivé de jalouser le succès de certains comme Cetro, de me complexer en me disant que ce que je faisais n’était finalement pas terrible. J’aime l’auteur Christelle Morize. Je perçois sa sensibilité et dans ses livres, les descriptions sont précises ! Elle n’est pas nombriliste, référence d’autres livres sur Babelio. Je trouve cela tellement rare !
Chacun d’entre-nous essaye d’imposer en publiant un livre, sa patte personnelle comme l’empreinte unique d’un pied sur le sable, en espérant que son éphémère existence ne sera pas effacée par la marée montante.

Je te sens un peu découragé, désabusé.

— Fataliste, oui. C’est la vie, il y a ceux qui percent ou pas. Ce qui compte, c’est que le livre existe et libre au lecteur de faire son choix. Comme nos aliments, nous pouvons sélectionner des romans nés sous serre, des chansons en culture raisonnée ou bio ! Attention aux artistes remplis de pesticides qui détériorent nos tympans ! Angèle avec sa chanson « balance ton quoi » ou Maître Gims ! Comme certains romans restés dans l’ombre, un pan de la chanson française est éclairé à la bougie et connaît peu les projecteurs. C’est paradoxalement celle dont les textes sont souvent les plus qualitatifs : Jean-Louis Murat, Cyril Mokaiesh, Adrien Soleiman, Miossec, CharlElie, Gontard, Romain Camille (ce dernier rame avec moins de cent visionnages !)

Le problème reste la visibilité et les gens n’achètent que les articles culturels exposés en tête de gondole.

Pense-tu que, ces dernières années, les ventes du livre papier régressent ?

— Oui, Internet y est pour beaucoup, les liseuses aussi. Lire un roman demande davantage d’effort que de picorer des informations ou surfer sur les réseaux sociaux. Pourtant, la liberté qu’offre le web ouvre bien des portes ! Elle permet de contourner d’autres réseaux faits de copinages qui jusqu’à lors verrouillaient le système. Par exemple, elle fait vaciller certains journaux traditionnels qui manipulent parfois l’information en faveur du pouvoir politique en place. En contrepartie, ces journaux reçoivent de généreuses subventions ! Malin, non ? J’aimerais bien, moi aussi, avoir des subventions pour mon activité !

Tu ne vis pas de ta plume. Justement, pour conclure, parle-nous de ton métier de gérant et de crêpier.

— On s’éloigne du livre. C’est un travail qui génère une pression insoupçonnable. Quand, en quinze minutes, 18 clients se sont installés dans la salle, mieux vaut garder son sang-froid. La clientèle la plus agréable ? Les Belges (Wallonie), les Chtis, les Allemands. Les Français sont les plus pénibles du monde ! Ce sont les seuls qui souvent râlent, demandent des changements dans l’élaboration des galettes ou des desserts :
« Je veux cette crêpe, mais avec une boule vanille à la place de celle au chocolat ou sans Chantilly. Je peux avoir une complète avec le blanc d’œuf bien cuit ? Je réserve la table, vous savez celle près de la cheminée ».
Il y a pire ! Dehors, il y a une sonnette pour les handicapés qui peuvent demander de l’aide. Certains sonnent à 11 h 55 ! Ils ont faim. Si on ne répond pas, ils téléphonent. La restauration est une magnifique école pour connaître l’humain, qui déteste le refus.
« Vous n’avez plus de tables disponibles ? Pourtant, j’en vois deux de libres là-bas ! »
Oui, monsieur, mais elles sont réservées.
Ils râlent, vocifèrent, menacent de mal nous noter sur tripadvisor ! Heureusement, il y a aussi de formidables compatriotes. Cette façon d’être, à la Française, est atypique car si nous sommes si pénibles, c’est parce que nous aimons le bon et le beau.

Merci Mickaël pour cette interview et cette note positive !

— Il faut être positif. N’oubliez pas que ce sont les bisous qui sauveront le monde ! Maintenant, allez décompresser les amis, rire un peu, avec les purigrinations, heu, les panarigrations, zut, les pérégrinations de mon héroïne Louise Rigodec, une Tatie tatillonne plutôt vacharde mais attachante !

Merci Agnès pour ta confiance. Je rends les clés du blog.

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