Le Visage de Ma Fille de Valentin Hoisnard

Synopsis

Catherine vient de basculer dans un abîme de tristesse. Sa fille est morte dans un tragique accident, laissant à sa mère pour seuls souvenirs vivants les nombreuses toiles qu’elle peignait.
Alors que Catherine tente de faire son deuil, une lettre est déposée devant sa porte. L’auteur anonyme comprend son affliction et souhaite lui confier un fardeau lourd à porter. Pas à quelqu’un d’autre. À elle.
Qui est l’auteur de cette lettre ? Que veut-il lui révéler ?

À ce moment, elle sait qu’un lointain passé va ressurgir des abysses. Il est désormais trop tard. L’engrenage est lancé et seule la vérité saura arrêter la course du mécanisme.

Mon avis

J’aime régulièrement faire de courtes pauses littéraires en lisant de petites nouvelles entre deux gros romans. Et c’est à cette occasion que j’ai découvert il y a quelques mois l’auteur Valentin Hoisnard.

Ce dernier écrit de nombreuses nouvelles ainsi que des romans ce qui laisse un large choix et bien souvent à des prix bien sympathiques voir minis. Je viens justement de terminer sa nouvelle Le Visage de Ma Fille et chose rare sur le blog concernant les nouvelles, j’avais simplement envie de partager mon retour de lecture.

Valentin propose cette nouvelle classée thriller en abordant un thème sensible que je garderai secret pour ne pas gâcher l’effet de surprise.

Mais en une trentaine de pages, l’auteur propose une histoire bien ficelée avec son lot de bons sentiments sollicitant beaucoup les émotions. Tout simplement émouvante !

On découvre un ton très sweet, délicat et surprenant car sachant bien entretenir le mystère jusqu’à la fin.

On sent que Valentin a bien choisi ses mots, que tout est bien réfléchi et préparé. Des facteurs suffisants pour se pencher sur cette nouvelle plume qui montre déjà tout son potentiel pour un avenir lui souriant.

Le Visage de Ma Fille est la nouvelle remportant un vif succès actuellement, je vous invite à découvrir cette petite merveille en cliquant sur la cover pour une redirection sur la page Amazon correspondante.

Un auteur à encourager et à suivre !

 

 

Maniak de Laurel Geiss

Synopsis

Paris, été 2017.
Une macabre découverte suscite une véritable psychose dans la capitale.
Plusieurs femmes sont retrouvées exsangues et suppliciées.
Qui se cache derrière celui que l’on surnomme Maniak ?
Loïc Albin, capitaine à la criminelle, est chargé de l’enquête.
Partagé entre son rôle de père célibataire et cette sordide histoire, il se heurte à la perversité d’un tueur insaisissable.
Qui sortira vainqueur de cette traque sanglante ?

Mon avis

Un de ces moments de lecture que j’affectionne particulièrement avec Maniak de l’auteure Laurel Geiss  mais voyons ça un peu plus en détail.

Retrouver cette plume acérée que l’on connait si bien était emplie d’une réelle impatience qui je m’en doutais réservait bien des surprises.

Trois parties composent cette publication mais je vous en reparlerai plus loin.

On entre rapidement dans l’histoire sans remplissage à gogo histoire d’introduire l’histoire lieux et personnages mais avec un cadavre dès le premier chapitre. J’aime ce genre d’entrée en matière car c’est une bonne méthode pour retenir d’entrée de jeu les lecteurs.

Un thriller psychologique puissant et palpitant  dans lequel Laurel Geiss nous ballade entre Marseille et Paris et nous offrant une intrigue bien maîtrisée au suspense haletant et au rythme époustouflant.

Une structure originale avec une deuxième partie nous relatant le parcours de vie du meurtrier ce qui pourrait en décontenancer plus d’un(e) mais qui au final offre un cocktail adroit qui fonctionne bien.

L’auteur nous fait vivre le déménagement du célèbre 36 pour intégrer le Bastion, un passage que j’ai trouvé intelligent de placer dans l’histoire.

Tout est parfaitement orchestré d’une main de maitre avec une écriture de grande qualité, un vocabulaire bien choisi. Une maitrise totale !

Faire vivre des meurtres de l »intérieur par des descriptions très détaillées n’est pas donné à tous les auteurs. Laurel Geiss elle, a osé ! C’est dire le contrôle de son auteure.

A la conclusion de l’enquête, le bouquet final est jouissif par cet effet de surprise.

Un thriller captivant  qui en convaincra plus d’un (e), une belle réussite !

Fairytale de Zero-Project

Direction la Grèce afin de vous parler plus en profondeur du musicien Zero-Project. Je l’ai fait de nombreuses fois par le passé car suivant l’artiste depuis 2010.

Nikos de son prénom vient de publier une nouvelle version de son album Fairytale initialement sorti en 2010 et faisant parti de ses meilleures galettes.

A la première écoute, on a besoin d’un temps pour atterrir tant les surprises sont nombreuses. Des pistes qui collent bien au côté ambiant que l’on connaît si bien du musicien.

On reconnaît bien également les sonorités auxquelles Nikos nous a tant habitués. C’est limpide.

Une petite entrée en matière vidéo pour ouvrir le bal avec Winter Princess le tout premier morceau histoire de vous faire décoller tant le niveau est haut et le travail diablement bien coordonné et orchestré.

C’est calme , doux , profond et sonne vraiment bien. Une galette pertinente et de qualité qui nous montre tout le potentiel de Zero-Project.

Un autre exemple vidéo avec Dreamland qui montre la qualité des sons et toute cette profondeur.

 

Disponible à de très nombreux endroits web que je vous laisse découvrir sur la page du musicien en cliquant sur la cover.

Un album envoûtant !


Je profite de cet article pour vous rappeler un souvenir sympathique de l’artiste. Celui-ci avait édité en Mai 2014 une compilation spéciale au contenu choisi par tous les fidèles lecteurs du blog ainsi que moi-même parmi tous ses morceaux.

En voici le premier morceau en vidéo To The End Of The World, version longue.

Vous pourrez télécharger cet album gratuitement avec l’accord du musicien en MP3 ou Flac depuis son site.

 

The Silhouet : Agent Of Change

Dans le genre pop rock voici The Silhouet et son album Agent of Change.

De retour avec des chroniques musicales en parallèle de la littérature, The Silhouet fait partie de ces artistes comme Heifervescent découverts par hasard. Et c’est parfois dans de telles situations qu’on tombe sur de véritables perles.

Cet  album Agent of Change sorti en 2019 aux États-Unis a pris plus de temps pour arriver dans nos contrées françaises en débarquant cette année.

The Silhouet nous propose un album de qualité de 11 titres avoisinant les 55mn et mettant en valeur autant le vocal que le style oscillant entre le pop et le rock. Mais ce qui pourra surprendre pour cette galette, on a affaire à une musique calme qui s’écoute tranquillement avec des mélodies et une musicalité  recherchées et des sonorités qui finissent par laisser l’empreinte maison.

Autant le dire, c’est un album excellent que je vous conseille car vous ne le regretterez pas.

Des titres comme She’ll Fix You, Speak Up et Spirits n’ont pas fini de vous transporter.

Je vous laisse apprécier le 5ème titre de l’album avec cette vidéo

Et en bonus, celle de Plaything, son nouveau titre pour un prochain album

Musique à découvrir sur Apple, YouTube, Genius, Spotify, Jamendo, Amazon

Quelques bonnes adresses pour découvrir de la bonne musique, Fred Bezies, Stéphane Gallay, Ziklibrenbib.

Bon plan et nouveauté en ce début de semaine

L’auteure Séverine Vialon s’apprête à sortir son nouveau roman Sauver ou Périr annoncé pour le 27 novembre.

Chantal Thébault, capitaine à la gendarmerie de Châteaudun, est appelée sur une scène de crime. Le lieu de la découverte du corps ne fait aucun doute quant au coupable présumé. Une affaire pliée d’avance. Elle va vite déchanter quand un nouveau corps est retrouvé à des kilomètres de là.
Alors que l’incendie couve dans son couple, un foyer de suspects se déclare, obligeant Chantal à mener ses deux combats de front.
Dans cette enquête à double tranchant, Chantal parviendra-t-elle à se sortir la tête de l’eau ?
Sauver ou périr ? Faut-il vraiment choisir ?
Livre déjà disponible en précommande à prix tout mini de 0,99€.

Je profite de ce bon plan pour faire circuler l’info  à propos d’une nouveauté.
L’auteur Philippe Saimbert est de retour avec une comédie romantique.
Après avoir exploré le monde des héritages, Philippe Saimbert s’aventure cette fois dans celui des rencontres et des célibataires. À travers le portait de quelques amis quinquas qui veulent se reconstruire suite à une séparation douloureuse.
Une galerie de personnages cocasses, touchants, déjantés, fragiles. Mais toujours humains.
Tous vont partir sur des sentiers inexplorés à la recherche du Grand Amour. Sentiers qui vont souvent se transformer en forêt amazonienne.
À la fin… tout pied doit trouver sa chaussure. Même s’il faut parfois un solide chausse-pied.
Donnez de l’amour… on vous le rendra toujours.
A découvrir sans attendre

Heifervescent : The Long Lost Property Of Life

C’est toujours bon de suivre des groupes ou artistes et de découvrir leur évolution.

Après Firebird en 2019, Heifervescent , artiste anglais a sorti cette année l’album The Long Lost Property Of Life.

Après des débuts en 2002 avec « Hoofed and Dangerous« , nous avons pu le voir évoluer et se créer une véritable identité musicale qui mélange un peu les genres et dans lesquels la guitare est très présente.

Un album de 10 titres qui vous ravira entre le rock, l’indie et le string des cordes qui dégouline dans les oreilles. Un style qui s’approche un peu de celui du duo alternatif américain Equals Conquest et leur tout nouvel album  At The Heart Of The Empire.

Une fois écouté, on se dit que l’expérience de Heifervescent parle et tout naturellement c’est un gros waouh qui sort.

Autant dire que The Long Lost Property Of Life est un excellent album qui marque par des sonorités très soignées et une musicalité qui laissera des traces de son passage.

Je vous conseille de vous intéresser à cet album qui en retiendra plus d’un. Disponible sur Deezer, Spotify, Apple, Youtube et Jamendo.

Un petit avant-goût avec Mr Carbon le premier titre

Pause musicale de fin de semaine

Après plusieurs jours à vous parler littérature et les modifications sur le blog (toujours en cours d’ailleurs), on se fait une petite pause musicale.

Quand je travaille sur l’ordi, j’aime écouter du jazz instrumental ambiant mais pas seulement comme également du blues, de la country, du folk.

Parmi mes derniers coups de cœur, le mini EP 3 titres de Sammy Vulcano qui avec Nothing But The Blues surprend tant par la qualité que la musicalité. Orienté blues pour les premier et troisième morceaux, le deuxième reste vraiment le titre phare plutôt country. Un artiste polyvalent qui n’hésite pas à exploiter de multiples genres comme le rock le blues la country voir parfois des petits airs jazzy.

Côté jazz, j’avais vraiment eu un gros coup de cœur il y a des années pour le groupe New Stories à tel point que j’avais téléchargé tous leurs albums. Mon favori reste incontestablement Speakin’ Out qui est l’album tournant le plus souvent et d’une qualité exceptionnelle. Du grand jazz ! Un groupe qui s’est produit avec de grands noms du genre.

L’artiste allemand Stefan Kartenberg fait des éclats depuis quelques temps avec son album Swinging Jazz Soundtracks. A l’écoute une révélation !

Le groupe italien Boom Boom Beckett marque encore de sacrés points avec leur dernier album The Way We Walk de 2020. Après une longue absence ce fût un retour gagnant ! Coup de cœur pour Boom Boom Baby leur album de 2015

Le groupe Polonais GrayMic  a sorti son dernier album Midnight Session cette année. Un 15 titres ce qui est plutôt rare pour un jazz calme, soigné et idéal à écouter tout en travaillant.

Des groupes comme Jazz Friends, Quantum Jazz, The James Quintet bien que certains déjà anciens ont encore leurs fans. Des albums excellents à télécharger sans hésiter.

Et comment ne pas vous parler du groupe ukrainien Freeky Cleen & Dickey F que j’écoutais déjà en 2011 avec leur album Double Feature , un 12 titres  très blues rock qui à l’époque a fait un carton. Encore maintenant, des fans se manifestent avec un seul mot « the best » ! Je vous parlais déjà d’eux en Mai 2013.

Leur dernier album Freeky Cleen – Nowhere Spécial est disponible. Un 10 titres très intéressant pour un groupe toujours aussi bon. Un retour gagnant !

Le musicien belge Ehma que je suis depuis des années vient tout juste de sortir son dernier album cet après-midi. Avec IReality and More, ce dernier nous propose 7 titres de musique pop électronique indie. Une belle association de genres pour un résultat de grande qualité qui sonne à merveille dans les oreilles ! Une excellente nouveauté à découvrir sans attendre.

Et malgré toute cette bonne musique, Zero-Project, Dazie Mae, Townhouse Woods ne sont jamais très loin.

Pour la grande majorité, des artistes que l’on peut retrouver sur Jamendo, SoundCloud, Bandcamp à une exception près pour New Stories dont les albums sont sur Amazon.

Bon à savoir, Frédéric Bezies poste régulièrement des articles concernant des sorties d’albums. L’occasion de faire d’autres découvertes.

Bonne écoute !

Pile à Lire

Ayant env 900 livres dans  la liseuse qui attendent chacun leur tour, j’ai dû trouver un système de fonctionnement par sélection pour m’en sortir tout en essayant de rester collée à l’actualité.

Voici donc la sélection en cours qui sera mise à jour régulièrement

  • Béni Soit Le Crime – Jeremy Serano
  • Comme Des Sœurs – Éloïse Hailone
  • Contrefaçon – Jean-Baptiste Van Dyck
  • Dans l’Ombre du Chaos – Damien Leban
  • De l’Amour Comme s’il en Neigeait – Sophie Rouzier
  • Épiée – Larème Debbah
  • Jardin Privé – Cetro
  • Jeux de Mains – Yves Laurent
  • Jézékaël – Mickaël Paitel
  • Jusqu’où La Vie Me Mène – Florian Rozen
  • L’Oubliée – Florian Dennisson
  • Là-Haut Les Anges – Chris Roy
  • La Ferme aux Maléfices – Édouard Brasey
  • La Libellule Noire – Agneta Gerson
  • La Petite Fabrique du Bonheur – Alice Quinn
  • Le Courage d’Une Invisible – Cédric Charles Antoine
  • Le Dernier Acte – Cédric Castagné
  • Le Dragon et La Princesse – Frédéric Bezies
  • Le Parfum de La Tendresse – Alice Quinn
  • Le Pensionnat des Innocentes – Angela Marsons
  • Le Puits du Fou – Joffrey Sinet
  • Le Sourire des Zèbres – Cédric Charles Antoine
  • Le Tricycle Rouge – Vincent Hauuy
  • Les Plus Belles Choses Vivent à l’Intérieur – Céline Fuentès
  • Love Me Doux – Alice Quinn & Sandra Nelson
  • Ma Liberté a Le Goût des Larmes – Cédric Charles Antoine
  • Maldonne au Festival de Cannes – Alice Quinn
  • Métal Fantôme – Joffrey Sinet
  • Meurtre au Champagne – Sébastien Theveny
  • Puzzle Sanglant – Sandrine Pialat
  • Quelqu’un à Qui Tendre La Main – Florence Clerfeuille
  • Souviens-toi de River Falls – Alexis Aubenque
  • Un Noël So British – Caroline W.Barnes
  • Veni Vidi Vicki – Patrick Porizi

WishList

 

Voici la wishlist qui va surtout aider à ne pas oublier les livres importants que j’ai très envie de lire. Et pourquoi pas vous donner également quelques idées de lecture supplémentaires ? Je la mettrai à jour régulièrement.

  • Complot – Nicolas Beuglet
  • Disparus dans La Nature (USA) tome 2 – Lionel Camy
  • Halloween Night – Le Manoir – Alexis Aubenque
  • L’Héritage – Larème Debbah
  • L’Ile du Diable – Nicolas Beuglet
  • La Petite Maison dans La Prairie – Patrick Loubatière
  • Le Fils du Fusillé – Jean-Pierre Barré
  • Le Vent dans Les Saules – Kenneth Grahame
  • Isaac Newton, Un Destin Fabuleux – James Gleick
  • Ne Jamais Pardonner – Alexis Aubenque
  • Noël Désastreux, Mariage Heureux – Christelle Da Cruz

 

Tribune Libre de Patrick Porizi

Aujourd’hui, Agnès me laisse carte blanche, ou plutôt page blanche. Surpris et honoré, j’effleure mon clavier des doigts, tel le pianiste avant la toccata. Mais les mots n’ont pas la docilité des notes, ils ne viennent pas quand on les siffle. Je jette un œil apeuré à la liste des auteurs référencés sur le blog : Alice, Cédric Charles, Enzo, Isabelle… C’est du lourd. D’un coup, je me sens tout petit, tassé sur ma chaise, écrasé par l’enjeu. Et cette grosse goutte de sueur qui descend le long de ma tempe… Il ne faut pas qu’elle atteigne ma joue. Je dois réagir. Bon, pour la joue c’est foutu, mais elle s’arrêtera avant le maxillaire, juré. J’inspire à fond, plusieurs fois. J’expirerai plus tard, dans quelques années et d’un seul coup, si possible. Les yeux fermés, j’implore les mânes de Victor, Marcel et Emile. Venez, chères grandes âmes, on vous appelle, on vous attend. Mais n’est pas Verlaine qui veut. Ma prière n’est pas montée assez haut. Et pendant ce temps, la goutte descend. C’est alors qu’une vision me fait tressaillir : celle d’un carré de chocolat noir. Il se détache si fort sur la page blanche que je bondis dans la cuisine pour désosser une tablette. Délicieux, fondant, le Léthé dans la gorge ! L’oubli m’emporte et me dépose – allez savoir pourquoi – devant le clavier. Qu’est-ce que je fais là ? Soudain, mes mains tressaillent. J’ai les mots au bout des doigts. Allez, feu !

Patrick, tu es ingénieur en environnement et sécurité au travail, auteur de huit romans, catégories polars et suspense. Quand et pourquoi as-tu emprunté les chemins de l’écriture ?

Depuis mes vingt ans, écrire un livre était resté un objectif, l’un des actes nécessaires pour combler une vie que je souhaitais bien remplie. J’avais même établi une liste d’exploits à réaliser à l’âge adulte comme courir un marathon ou gravir le mont Blanc. Fort heureusement n’y figurait pas le souhait de devenir président de la République. Mais « Un jour j’écrirai un livre… » était un mantra qui devenait de plus en plus lourd et obsédant au fil des années. Jusqu’à cette journée de décembre 2013 où, par la grâce d’une rencontre avec une auteure américaine, j’ai appris qu’il était possible de diffuser son travail d’écriture sur des sites d’autoédition. Le regard d’un lecteur me semblant plus supportable que celui d’un éditeur, je me suis lancé. C’est ainsi que sont nés Une main coupée pour le 36, suivi d’Un miroir pour Scotland Yard. Ces deux livres sont des polars où le personnage principal est un jeune flic en quête d’une vérité à laquelle son destin est lié. Puis j’ai écrit Six petits maigres et d’Une seule balle, des enquêtes menées par des personnages différents. Mon objectif étant atteint, je me suis souvent demandé pourquoi je continuais à écrire. Je crois que la réponse tient en deux mots et demi : ça m’amuse. Créer un monde et des personnages que l’on a choisis est une façon de vivre plusieurs vies, un stratagème qui permet d’échapper au quotidien par le vagabondage de la pensée. Le temps professionnel précède trop souvent le temps spirituel. Même si le premier a occupé plus de place que le deuxième dans ma vie, l’acte créatif est devenu essentiel. Les grands auteurs écrivent pour ne pas mourir, je me contente d’écrire pour mieux vivre.

Pourquoi le polar et le suspense ?

Ça, c’est une question difficile… pour quelqu’un qui lit peu de polars. J’ai choisi ce registre spontanément sans doute parce qu’il permet d’activer plus facilement mes ressorts créatifs : maintenir le lecteur en lévitation avant la chute, explorer l’âme humaine, découvrir et imaginer des milieux physiques particuliers, donner corps à des personnages attachants ou antipathiques, relier les fils de l’intrigue… Observer la lutte du « bien » et du « mal » est un spectacle fascinant, non ? Surtout quand le diable arbitre la rencontre. Le polar permet de développer un univers riche où même l’humour – vous savez, cet ingrédient qui donne du goût à tous les plats (sauf la tarte à la crème) – trouve sa place.

A quel personnage de tes romans t’es-tu particulièrement attaché ?

Pas facile non plus, celle-là… C’est probablement le commandant Angello dans Hirudo. Je ne pouvais l’imaginer autrement qu’en flic bourru, sur le retour, vivant seul avec un canari qu’il traite d’ailleurs avec délicatesse. C’est un personnage tombé du ciel qui s’est rapidement imposé dès le début de l’écriture. Il traîne un mal qu’il croit incurable jusqu’à ce que la providence lui livre un cadavre très particulier. Le flic perçoit vite que cette affaire peut bouleverser son existence. Alors il y va, il cherche, il enquête et il… je ne vais quand même pas tout dévoiler. Enfin, sachez que c’est un flic qui a du cœur et qui est bien content de l’entendre battre à nouveau. Je ne ressemble pas au commandant Angello mais je suis content qu’il soit devenu mon ami. Je l’aime bien, le Grenoblois, peut-être parce qu’il a du tempérament ou peut-être parce que c’est un quinqua, comme moi. Et la cinquantaine, c’est l’âge des bilans… pas seulement sanguins.

Comment naissent tes scénarios ?

Par les voies naturelles, je veux dire celles qui me sont propres. Pour Hirudo, la trame s’est développée autour de deux éléments structurants : le mode opératoire utilisé par l’assassin et le désir de tirer le fil d’une chasse à l’homme en période hivernale. Le scenario prend toujours corps dans un milieu que j’ai envie d’explorer. Pour Six petits maigres et Veni vidi Vicki, j’ai choisi de revisiter les îles de la Méditerranée découvertes pendant mes vacances en famille. Polar club s’inspire lui d’un drame réel qui s’est déroulé il y a plusieurs décennies près de Narvik, en Norvège, région que j’ai parcourue en kayak de mer. La genèse d’Abwee, elle, est différente. L’histoire se déroule sur la côte ouest de l’Australie, une zone désertique bordée par un lagon. Je l’ai écrite pendant le Grand Confinement, en trois mois. J’ai travaillé tous les jours tant le besoin de m’évader était fort. Je n’ai pas choisi cette région ni le scénario par hasard. J’éprouvais le besoin de retrouver les émotions vécues pendant mon adolescence que j’ai passée au bord de l’océan Atlantique sur les côtes de Mauritanie, en Afrique. Écrire un livre permet d’assouvir les fantasmes d’un explorateur assis, créant seul ses propres émotions en arpentant son univers intérieur.

Et le lecteur dans tout ça ?

Le lecteur est celui qui donne un sens à ma vie d’auteur. Imaginer qu’une personne inconnue prenne du plaisir à lire un de mes livres me procure de la joie. J’écris des romans et des nouvelles pour ceux qui les aimeront. Je sais que je n’ai pas écrit un livre en vain s’il plaît à un seul lecteur. Les déçus me font douter, bien sûr, mais je pense à tous ceux et celles à qui la lecture peut faire du bien et la plume devient plus légère.

Comment as-tu fait en tant qu’homme pour te glisser dans la peau d’un personnage féminin ?

Ah, voilà une question facile ! Il se trouve que j’aime les femmes pour diverses raisons et notamment parce qu’elles ont le pouvoir de m’émouvoir assez facilement. Imaginer ce qu’elles pourraient ressentir est un défi enrichissant que j’ai tenté plusieurs fois de relever. Comme tout le monde, j’ai une mère mais j’ai aussi la chance d’avoir une compagne, une sœur, deux filles et deux nièces. Scientifiquement parlant, ce n’est pas un échantillon représentatif mais je m’en inspire malgré tout pour donner vie aux femmes – de caractère – qui apparaissent dans mes romans. Dans Hirudo, Ana endure des épreuves qui vont forger sa détermination et faire d’elle, comme du commandant Angello, des héros malgré eux. Ce qu’elle ressent est universel aussi ses sentiments jaillissent-ils d’eux-mêmes sous la plume. Je me suis beaucoup attaché à l’héroïne de Six petits maigres, Eva, une femme mûre, intelligente et sincère qui est confrontée aux doutes et à la peur. Dans le dernier roman, Veni vidi Vicki, j’ai choisi de donner les clés du scénario à Vicki, une femme aussi belle qu’ambiguë. Quant à Chloé, l’enquêtrice principale de Polar club, elle tire sa force de la jeunesse et du besoin de chasser l’ennui. Mais attention, qui aime bien châtie bien ! Il m’arrive aussi d’égratigner certains personnages féminins, le plus souvent avec humour, ce qui facilite la cicatrisation.

Quel est le dénominateur commun de tous tes romans ?

Dans mes livres, je ne traite pas de sujets politiques ou des grands enjeux d’actualité. C’est l’exploration de la nature humaine qui m’intéresse et, en particulier, ses relations avec la mort, la liberté, et le rapport à cet ego qui nous sert trop souvent de boussole. « Tordez les personnages, il en sortira toujours du jus de roman » est une maxime qui me guide pour pousser les protagonistes au bout d’eux-mêmes. Souvent, j’ancre l’intrigue dans un milieu familial fracturé dont les failles structurent l’humanité des personnages. Et oui, j’avoue les tordre sans vergogne, sans doute pour les faire grandir malgré eux.

As-tu un projet dans les mois à venir ?

Les prochains mois seront consacrés à la finalisation de mon prochain roman, un thriller aux confins de l’Asie, qui devrait être proposé aux lecteurs au début de l’année 2022. Je vais donc passer l’hiver en famille, mais une famille élargie aux nouveaux personnages que j’accueille toujours avec plaisir au coin du feu, en espérant qu’ils me racontent leur histoire.

Au fait, cette goutte de sueur ?

Évaporée…

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